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	<title>Fen&#234;tres Open Space</title>
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		<title>Fen&#234;tres Open Space</title>
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		<title>Claire Dolan, hors champ</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne Savelli</dc:creator>


		<dc:subject>cin&#233;ma</dc:subject>
		<dc:subject>ville</dc:subject>
		<dc:subject>New York</dc:subject>
		<dc:subject>fen&#234;tre</dc:subject>
		<dc:subject>femme(s)</dc:subject>
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		<dc:subject>Bruits</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Texte paru initialement dans le hors-s&#233;rie &#034;Le ciel vu de la terre&#034; du collectif inculte (2011).&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/textes-en-acces-libre/" rel="directory"&gt;Textes en acc&#232;s libre&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/cinema" rel="tag"&gt;cin&#233;ma&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/ville" rel="tag"&gt;ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/new-york" rel="tag"&gt;New York&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/fenetre" rel="tag"&gt;fen&#234;tre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/femme-s" rel="tag"&gt;femme(s)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/architecture" rel="tag"&gt;architecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/bruits" rel="tag"&gt;Bruits&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Deux villes (New York, Newark &#224; la fin des ann&#233;es 90), trois personnages (Claire, celle qui se prostitue sous le nom de Lucy ; le mac, ami de la famille ; le chauffeur de taxi, avec lequel elle danse et qu'elle pourrait aimer). Texte paru initialement dans le hors-s&#233;rie &#034;Le ciel vu de la terre&#034; du collectif inculte (2011), inspir&#233; par le film de Lodge Kerrigan, &#034;Claire Dolan&#034;, dont voici pour commencer la bande-annonce&lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/9sFGbxet7iA&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p align=center&gt;*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;I just miss having you inside of me.&lt;br class='autobr' /&gt;
I want you inside of me.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Lucy&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;I want you inside of me.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Claire&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_729 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.annesavelli.fr/IMG/jpg/claire-dolan-1998-04-g.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.annesavelli.fr/IMG/jpg/claire-dolan-1998-04-g.jpg?1601299614' width='500' height='331' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On dira ce qu'on voudra, de &lt;i&gt;Claire Dolan&lt;/i&gt; : rasoir, scalpel, hache, art&#232;res sectionn&#233;es, bruits de circulation dans des rues quasi vides&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;r&#233;pondeurs, t&#233;l&#233;phones, boites, liasses, cachettes&lt;br class='autobr' /&gt;
Hopper, Hitchcock, Bresson&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;main pos&#233;e sur le ventre en ultime violence&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;et bien s&#251;r le g&#233;n&#233;rique : triangles, rayures, stries, cases, verres, z&#233;brures, toiles abstraites jusqu'&#224; s'apercevoir que (briques, balcons) il s'agit de fa&#231;ades, parois avec plis de rideaux (pour cela il faut s'approcher ou voir le film en salle), on pense tout de suite New York on se dit que c'est presque trop.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Il y a la surface argent&#233;e du t&#233;l&#233;phone public avec clavier &#224; touches, cabine dans laquelle Lucy (ce n'est pas Claire, encore), manteau de prix, cheveux auburn relev&#233;s, appelle ses clients ; le miroir en triptyque de l'ascenseur ; et surtout le building qui envahit l'image par la paroi de verre dans le bureau du client (on imagine au moins le vingti&#232;me &#233;tage), cage o&#249; la ville verra Lucy nue.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Claire : au t&#233;l&#233;phone, apprend que sa m&#232;re est morte. Lucy : d'une voix toujours &#233;gale r&#233;pond au client qui tambourine (on est dans les hauteurs, la classe sup&#233;rieure exige et humilie, une minute de film suffit &#224; le comprendre). A l'horizon, tout ce qu'on ne saura jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Les miroirs refl&#232;tent nuque cr&#226;ne dos, les bretelles crois&#233;es (un manteau camel sur une robe perle, s'extasieraient, s'indigneraient les magazines) de la femme qui ment, sur le plaisir qu'elle prend, sur la joie de vous revoir, sur la mort de sa m&#232;re quand elle parle &#224; son mac, irlandais comme elle, ami de la famille &#224; qui elle rembourse une dette (visage rouge de cet homme d&#233;note dans le bar o&#249; ils &#233;changent, et c'est l'horreur, des politesses). Au cimeti&#232;re, le ciel est branches, troncs.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Claire s'enfuit. Du taxi on entrevoit une fraction de bleu au-dessus d'un tunnel, des nuages vers l'autoroute. C'est tout.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Newark. Les rues s'&#233;largissent, les immeubles perdent en domination mais la menace est l&#224; (stores ferm&#233;s du snack refuge de Claire, voisin &#224; la fen&#234;tre qui envahit le cadre). Elle devient coloriste dans un salon de coiffure, s'appelle Claire en effet mais on demande Lucy au t&#233;l&#233;phone : personne au bout du fil, bien s&#251;r. Boire des verres au comptoir danser fixer la porte en ayant peur que la mort survienne, regarder le partenaire et presque l'embrasser, arriver en retard au travail : dans le plan suivant, la lumi&#232;re du jour fait une br&#232;che, pour une fois le danseur n'est pas un violeur en puissance, c'est nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Mais il y a toujours ces miroirs, objets de danger (dans celui de l'armoire appara&#238;t le mac), des visages ferm&#233;s, parfois une vitrine (dans celle du coiffeur se gare une voiture qui est l&#224; pour quoi ?). La fen&#234;tre de l'appartement de Claire, &#224; Newark, se pr&#233;cipiterait sur l'immeuble d'en face si les voilages n'invitaient au flou, &#224; l'enroulement - vent l&#233;ger, un chat. Les fa&#231;ades de New York, elles, s'ancrent dans ce qu'elles sont, des cloisons mod&#232;les. Du trottoir ignor&#233; au ciel qu'on ne voit pas, qui ne se refl&#232;te pas, dont on devine seulement la luminosit&#233;, le labyrinthe est plat et il est vertical (simple, non ?).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_732 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.annesavelli.fr/IMG/png/claire_dolan_2.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.annesavelli.fr/IMG/png/claire_dolan_2.png?1601300215' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p align=justify&gt;Claire, traqu&#233;e, doit revenir. Lucy, en blouse bleue p&#226;le (elle n'a pas le choix, c'est un cadeau du mac. Le geste le dit : les v&#234;tements offerts sont un flingue sur la tempe, tu y retournes ou je te tue) est debout face &#224; son client, sur un balcon, &#224; cent m&#232;tres du sol au moins. Layette, tunique d'aide-soignante, uniforme d'h&#244;tesse : se distingue derri&#232;re lui entre deux b&#226;timents un segment de couleur semblable. Il lui parle, para&#238;t la comprendre, il a souffert aussi. Mais c'est un leurre. Elle d&#233;grafe sa blouse, il n'y a pas de discours, de compassion qui tienne.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;&lt;i&gt;You don't really want to have sex with me, do you ?&lt;br class='autobr' /&gt;
No&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Le plan se resserre, plus de ciel.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Les buildings restent indiff&#233;renci&#233;s. On peut chercher le Word Trade Center (le film date de 1998), on ne le trouvera pas, ou alors morcel&#233;, impossible &#224; identifier.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Claire porte une perruque pour un autre client, aper&#231;u dans le reflet d'un &#233;cran de t&#233;l&#233; et qui lui a demand&#233;, avant passe (on n'a pas entendu, il n'a m&#234;me pas d&#251; le formuler), de changer de couleur. Claire/Lucy choisit la perruque mais lorsqu'elle est Lucy et seulement Lucy non, va au bout, se teint (formule m&#233;canique : &lt;i&gt;I'm happy to do it for you&lt;/i&gt;, une phrase de cet ordre), gros plan du lavabo dans lequel elle se rince, mains, cheveux, eau roussie et hors champ c'est Marnie obs&#233;d&#233;e par le coffre-fort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si elle est frigide Claire/Lucy ? &#199;a...&lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'y a pas d'orage dans &lt;i&gt;Claire Dolan&lt;/i&gt;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'y a m&#234;me pas de meurtre, c'est dire.&lt;br class='autobr' /&gt;
(dire quoi ? et qu'est-ce qu'on en sait ?)&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Claire r&#233;cup&#232;re les cartons de sa m&#232;re, les ouvre, retrouve des photos de famille. S'enfuit &#224; nouveau : aller &#224; Newark c'est choisir la cavale, on voit que le d&#233;placement se travaille au plus pr&#232;s. Ciel de nuit vu de la route, le danseur est chauffeur de taxi. New York contre Newark elle et lui se cherchent, se trouvent.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Claire emprunte d'autres noms, s'incarne en femmes fictives, on ne sait pas combien. Le danseur fouille, trouve les faux papiers (et comment il s'appelle, lui ? On l'ignore, ou ce n'est pas marquant, mais il a une fille, qu'il traite bien) pendant qu'&#224; l'image Lucy trace fa&#231;ades/canap&#233;s/sexe toujours les m&#234;mes lignes refrains g&#233;om&#233;tries. La vie dans son d&#233;sordre n'existe qu'en voiture &#224; travers le pare-brise lorsqu'il est au volant, lui, le danseur chauffeur, et encore c'est peu. Les buildings poursuivent l'entreprise de sape.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Lumi&#232;re du ciel, enfin, qui envahit le cadre lorsque Claire annonce son d&#233;sir d'enfant. Elle et lui de profil sur un toit d'immeuble, la terrasse baigne dans un gris l&#233;ger. D&#232;s lors, un retour au sens initial des phrases que Lucy d&#233;bite semble envisageable. &lt;i&gt;I want you inside of me&lt;/i&gt; dit Claire au danseur juste avant de lui faire la plus simple d&#233;claration qui soit. On peut y entendre autre chose que avance/d&#233;fense dans la transaction&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;faire l'amour mi-habill&#233;, porter un v&#234;tement de laine parce qu'il est doux, tient chaud&lt;br class='autobr' /&gt;
on peut l'entendre aussi&lt;br class='autobr' /&gt;
et c'est &#224; peu pr&#232;s tout.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Arrive l'agression, dans le taxi, par un client, c'est le chauffeur qui trinque. Plans larges, tr&#232;s serr&#233;s, &lt;i&gt;close your eyes&lt;/i&gt; ou sinon je te tue, cette fois c'est dit, hurl&#233;. Il n'y a pas de bagarre mais deux ou trois secondes durant lesquelles personne ne sait s'il va mourir. Newark par l'entrep&#244;t, l'usine, la pile de pont, s'il y a du ciel on dirait qu'il s'y agglom&#232;re. L'air qu'on respire ? Ne pas s'y fier.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Dans les plans suivants, les personnages, vus par les fen&#234;tres, se parlent. Le cadre s'incarne, esp&#232;re-t-on. Mais lui a bascul&#233; dans sa vie de danger, &#224; elle, sans en avoir les armes. Ce qu'elle s'est forg&#233;e de raideur, d'absence, Claire Dolan, calme apparent de celle qui (le verbe que tu veux et le temps que tu pr&#233;f&#232;res, sauf futur) depuis l'&#226;ge de douze ans, on pourrait aussi le recenser.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Enfin, &#224; travers la vitrine d'un bar, Claire mange pour la premi&#232;re fois dans le film. D&#233;vore, plut&#244;t. Un plan bref comme toujours, on sait que c'est pour deux.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Lui, le chauffeur, cherche &#224; comprendre, qui elle est, ce qu'elle fait, pourquoi, se prend des coups. Les fa&#231;ades et fen&#234;tres envahissent, envahissent encore, elle ne dit rien de pr&#233;cis quand il la voudrait transparente, elle devine sa silhouette &#224; travers une porte en verre d&#233;poli (des h&#244;tels il n'y a que &#231;a, au design millim&#233;tr&#233;, confondus &#224; ses chambres &#224; elle). Il la piste, l'observe, s'&#233;vanouit dans le grain de la vitre. Entre eux un client, une terrasse, ne demeure dans l'axe qu'un rebord de porte-fen&#234;tre. Seule sa chambre &#224; lui, rythm&#233;e par le bruit de la circulation, &#233;chappe &#224; cette rigueur. Mais c'est toujours tr&#232;s peu, un simple d&#233;calage. G&#233;om&#233;trie d'accord mais surligner &#231;a non.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Enfin les comptes se r&#232;glent par le corps, lutte et corps &#224; corps &#233;quivalent. Oreillers, housses, matelas alternent avec cette vision carrel&#233;e de la ville o&#249; la rue n'est pas, contrairement &#224; ce qu'on pourrait croire, lieu direct de la mise en vente.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Il n'y a pas d'enseigne, de n&#233;on, de cinqui&#232;me avenue clignotante.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Il n'y a pas de rouge, de bijou, pas m&#234;me de chaussure &#224; talon.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Il n'y a pas de sol, de toute fa&#231;on.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Claire r&#233;ussit &#224; r&#233;gler sa dette. Durant un instant, on croit qu'elle s'est envol&#233;e, a quitt&#233; la ville. Erreur : pour survivre, m&#234;me enceinte, il faut encore utiliser Lucy. L'air pur, le grand large le spectateur l'exige, Lodge Kerrigan s'en fout. On ne peut pas la tuer si vite, Lucy, il faut produire un max avant que le ventre grossisse. L'argent &#231;a ne tombe pas vous savez d'o&#249;.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Retour sur image, gros plan du lavabo, eau roussie et cheveux mouill&#233;s. Claire en r&#233;alit&#233; se rince pour retrouver sa vraie couleur. Ca y est, elle peut partir, allez pourquoi pas Chicago. L'avion horizontal traverse sa fen&#234;tre, strie le ciel vers la droite. Elle lui tourne le dos pour sortir de la chambre. Claire Dolan, D-O-L-A-N, &#233;pelle-t-elle &#224; l'a&#233;roport.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Retour &#224; New York sans Claire, donc, pour cette main pos&#233;e. Le mac et le chauffeur, jeune mari&#233;, futur p&#232;re &#224; nouveau, se croisent. Cette fois, la rue est aux prises avec ce qu'on sait d'elle, trafic intense du centre-ville, camions, pi&#233;tons effac&#233;s. A hauteur de roues, de capots, de moteurs, le danger bifurque.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Les grands espaces seraient-ils &lt;i&gt;inside of me&lt;/i&gt;, dans ma t&#234;te, mon ventre, dans ce que je regarde sur l'&#233;cran o&#249; est &#233;crit &#224; gauche Dolan, Claire, &#224; droite 05-SEP-97, date d'&#233;chographie ?&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Fonds marins et ciel, d&#233;sormais, idem.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_731 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.annesavelli.fr/IMG/png/claire_dolan_1.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.annesavelli.fr/IMG/png/claire_dolan_1.png?1601300137' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p align=center&gt;*&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Sur la fiche IMDb qui lui est consacr&#233;, on peut lire : &lt;i&gt;Lodge Kerrigan is a New York film director who has made only four films in fifteen years but whose works have left a deep imprint on the minds of those who have seen them. &lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
On ne saurait mieux dire, merci la fiche. Pourquoi&lt;i&gt; Claire Dolan&lt;/i&gt;, une dizaine d'ann&#233;es apr&#232;s sa sortie, travaille toujours au plus pr&#232;s ? Pourquoi insister, et m&#234;me lourdement, en d&#233;clarant :&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est le film qui m'a le plus marqu&#233;(e) &lt;br class='autobr' /&gt;
(de ma vie, allons-y dans la grandiloquence)&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;alors qu'on pourrait (qui &#231;a ?) le qualifier de glacial, clinique, sujet vu et revu, ville vue et revue, personnages de call-girl, de chauffeur de taxi, de mac vus et revus, maternit&#233; qui sauve, ah non, piti&#233;, etc. ?&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Rien n'est vu et revu, dans &lt;i&gt;Claire Dolan&lt;/i&gt;, surtout pas le visage de Katrin Cartlidge, son regard d&#233;tourn&#233; lorsque le client demande &#224; Lucy d'o&#249; elle vient et qu'apr&#232;s une h&#233;sitation elle lui lance Dublin comme on jetterait un os. Elle regarde quoi, du haut de la terrasse, &#224; ce moment-l&#224; ?&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;On pourrait penser : c'est facile de ne pas filmer le ciel pour montrer que. Si ce n'est que l'impression de le voir persiste, s'insinue dans l'esprit. On en d&#233;couvre d'abord une bande verticale, &#224; gauche d'un immeuble (on dirait un buvard, plut&#244;t). Puis les buildings, leurs fa&#231;ades changeantes prennent place, investissent le cadre. Reflets bleus, gris-bleus, gris sugg&#232;rent sa pr&#233;sence, et pourtant il n'y est pas. L'attester, ce serait faire surgir un nuage des vitres, au moins. Or ce qu'elles r&#233;fl&#233;chissent, les vitres, on s'en rend compte si l'on insiste, si l'on repasse le g&#233;n&#233;rique, ce n'est jamais le ciel mais le building d'en face.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Dans chaque case, losange, on croit trouver de l'air, s'&#233;lever, respirer, mais c'est du vide, voil&#224;, Lucy nous y entra&#238;ne, ascenseur, bureau, on traverse avec elle : le ciel suppos&#233; appartient au client. C'est un mur de verre perpendiculaire au vrai ciel, celui qu'on ne voit pas, auquel personne ne pense. Il est plus beau, plus pr&#233;cis, coup&#233; droit. C'est un miroir tendu au mouvement perp&#233;tuel, appel d'air / asphyxie, poursuite de l'objectif malgr&#233; les retours au point de d&#233;part.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Claire Dolan s'en d&#233;tache (robe perle et manteau camel), s'y fond (blouse bleue) (et c'est pareil h&#233;las) avant de le ma&#238;triser, ciel vide qu'on ne dira pas illusoire, personne ne se faisant d'illusion. Sans rien dire ou presque elle l'empoigne, le comprime, l'abr&#232;ge. Fa&#231;ade, vitrine, fen&#234;tre, armoire &#224; pharmacie, paravent, verre, gla&#231;on, il s'amenuise, devient simples billets empil&#233;s et cach&#233;s, ultime liasse pos&#233;e sur un rebord de table que le mac voudrait restituer (pour f&#234;ter le d&#233;part, l'arriv&#233;e de l'enfant), si ch&#232;rement acquise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Claire refuse, l'abandonne. &lt;br class='autobr' /&gt;
Gagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une femme, deux femmes, dix, vingt.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une femme&lt;br class='autobr' /&gt;
Deux ciels&lt;br class='autobr' /&gt;
Un&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(des ciels, pas des cieux, hein ?)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Marilyn autrement</title>
		<link>https://www.annesavelli.fr/ateliers-et-cie/critique-litteraire/article/marilyn-autrement</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne Savelli</dc:creator>


		<dc:subject>photographie</dc:subject>
		<dc:subject>Marilyn Monroe</dc:subject>
		<dc:subject>Los Angeles</dc:subject>
		<dc:subject>biographie</dc:subject>
		<dc:subject>bibliographie</dc:subject>
		<dc:subject>cin&#233;ma</dc:subject>
		<dc:subject>critique</dc:subject>
		<dc:subject>New York</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Sept livres pour voir Marilyn Monroe d'un autre oeil.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/ateliers-et-cie/critique-litteraire/" rel="directory"&gt;Critique litt&#233;raire&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_174 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.annesavelli.fr/IMG/jpg/lire_a_new_york_de_pres.jpg?1532350829' width='500' height='575' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Disparue le 5 ao&#251;t 1962, Marilyn Monroe reste une des ic&#244;nes du cin&#233;ma du XXe si&#232;cle, personne n'ira dire le contraire. Cependant, au-del&#224; de la pure image, chevelure blonde et robe en corolle au-dessus d'une grille de m&#233;tro, une figure comme la sienne inspire-t-elle encore l'art et la litt&#233;rature ? Si on met de c&#244;t&#233; les biographies et les livres d'enqu&#234;tes qui cherchent encore et toujours le secret de sa mort, que lire sur Marilyn qui soit un peu diff&#233;rent ? Ces sept livres, par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;i&gt;Confession inachev&#233;e&lt;/i&gt; de Marilyn Monroe et Ben Hecht&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; tout seigneur tout honneur : commen&#231;ons par Marilyn elle-m&#234;me, ce qu'elle a dit sur elle et qu'elle d&#233;sirait qui soit su, connu. En 1954, alors qu'elle est en train d'acc&#233;der au statut de star (le film &lt;i&gt;Sept ans de r&#233;flexion&lt;/i&gt;, avec la fameuse sc&#232;ne de la robe qui s'envole, est tourn&#233; cette ann&#233;e-l&#224;), elle cherche &#224; &#233;crire ses m&#233;moires. Elle a 28 ans et se fait aider par un &#233;crivain et sc&#233;nariste, Ben Hecht, &#224; qui elle dicte le texte. Il en r&#233;sulte des confessions sur son enfance d'orpheline que nous connaissons par c&#339;ur aujourd'hui et, plus inattendues, sur ses premiers pas &#224; Hollywood. On y d&#233;couvre une jeune femme perfectionniste, avide de connaissances et sans illusion sur le monde qui l'entoure. Des confidences dont on dit qu'elles ne recouvrent pas forc&#233;ment toujours la r&#233;alit&#233;, mais dont la force demeure : le livre a ainsi inspir&#233; il y a quelques ann&#233;es un projet transmedia fran&#231;ais intitul&#233; &lt;a href=&#034;http://www.updatemarilyn.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Update Marilyn&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Le texte original, lui, confi&#233; au photographe Milton Greene, n'est finalement paru qu'en 1974.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;i&gt;Fragments &lt;/i&gt; de Marilyn Monroe&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 2012, lorsque l'&#233;diteur Bernard Comment publia en France et en exclusivit&#233; mondiale ce texte &#233;crit par l'actrice, suite de lettres, po&#232;mes, notes personnelles tir&#233;es de ses carnets, le livre fit sensation. Brusquement, on pouvait s'identifier &#224; celle qu'on savait &#234;tre une femme fragile, hospitalis&#233;e par moments en clinique psychiatrique et qui en parle avec une intense acuit&#233;. Marilyn &#233;crit pour elle-m&#234;me ses peurs, ses doutes, son incapacit&#233; &#224; croire en elle, sa peur de d&#233;cevoir. Elle cherche &#224; se construire, vacille, se reprend, regarde le monde, voudrait ma&#238;triser ce qui la d&#233;passe sans y parvenir. &#171; &lt;i&gt;N'aie pas peur d'&#234;tre &#224; fleur de peau ni de t'en servir&lt;/i&gt; &#187;, s'exhorte-t-elle. Tout nous pousse alors &#224; l'accompagner, &#224; craindre sa chute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ceux qui voudraient aller plus loin, sachez qu'il existe un second livre, &lt;i&gt;Girl waiting&lt;/i&gt;, regroupant les dessins et croquis que Marilyn faisait &#224; l'&#233;poque. Quant au texte, il a depuis &#233;t&#233; transpos&#233; au th&#233;&#226;tre, interpr&#233;t&#233; en solo par Caroline Ducey, une com&#233;dienne qui tr&#232;s habilement ne joue pas avec les codes &#171; marilynesques &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;i&gt;Blonde &lt;/i&gt; de Joyce Carol Oates&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Soyons partiale, soyons injuste : le plus grand livre de tous les temps sur Marilyn Monroe, c'est celui-l&#224;. Mille pages d'un roman biographique en cinq actes pour dire, avec toute la libert&#233; possible, le destin d'une femme en prise avec ce que son environnement familial et social, l'industrie hollywoodienne, le monde entier projettent sur elle tandis qu'elle construit son personnage. Joyce Carol Oates recr&#233;e, r&#233;invente Marilyn, en distille l'essence, nous fait litt&#233;ralement entrer dans sa peau. Comme elle, nous b&#233;gayons, avons mal au ventre, sommes sans cesse en retard. La romanci&#232;re retrace l'histoire d'une gamine d&#233;sh&#233;rit&#233;e noy&#233;e dans la masse, d'une perfectionniste qui met tout en &#339;uvre pour s'en extirper, travaille avec acharnement. Le texte g&#233;n&#232;re jusqu'au bout une &#233;nergie et une inventivit&#233; intenses, parfois hallucin&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;cemment, Oates a repris le personnage de Marilyn dans la nouvelle-titre qui ouvre le recueil &lt;i&gt;Dahlia noir et rose blanche&lt;/i&gt;. Elle en a fait la colocataire d'Elizabeth Short, starlette impliqu&#233;e dans le plus c&#233;l&#232;bre fait divers des ann&#233;es 40, le &#171; dahlia noir &#187; auquel James Ellroy a consacr&#233; un livre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;i&gt;Marilyn Monroe&lt;/i&gt; de Eve Arnold&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il y a les livres de photographes sur Marilyn... et puis il y a celui-l&#224;, qui ne se contente pas d'&#234;tre un bel album agr&#233;ment&#233; de quelques souvenirs m&#234;me si, objectivement, c'est ce qu'il est. Grand nom de l'agence Magnum, Eve Arnold a &#233;t&#233; l'amie de Marilyn, dont elle a suivi le parcours du d&#233;but des ann&#233;es 50 &#224; la fin de sa vie, l'accompagnant dans ses d&#233;placements, la montrant en train de lire &lt;i&gt;Ulysse &lt;/i&gt; de Joyce ou de se refaire une beaut&#233; dans les toilettes d'un a&#233;roport. Sans &#234;tre dupe de son narcissisme, Arnold a une vraie tendresse pour son mod&#232;le et c'est un plaisir de lire des propos qui semblent si justes. Deux femmes travaillent ensemble, complices et respectueuses, tandis qu'autour l'hyst&#233;rie gronde. Entre elles, le contrat est net : on les sent &#224; &#233;galit&#233;, pr&#234;tes &#224; se servir du regard de l'une, du magn&#233;tisme de l'autre, sans g&#234;ne, sans probl&#232;me. On ferme l'album en ayant l'impression d'avoir voyag&#233; en leur compagnie, d'avoir respir&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;i&gt;Une blonde &#224; Manhattan&lt;/i&gt; de Adrien Gombeaud&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Continuons avec la photo, mais d'une autre fa&#231;on. &lt;i&gt;Une blonde &#224; Manhattan&lt;/i&gt; est peut-&#234;tre un portrait de Marilyn &#224; New York en 1955, apr&#232;s le tournage de &lt;i&gt;Sept ans de r&#233;flexion&lt;/i&gt;, au moment o&#249; elle d&#233;cide de prendre son ind&#233;pendance, de devenir productrice et de suivre les cours de l'Actors Studio. Mais c'est aussi l'histoire d'un photographe, Ed Feingersh, une t&#234;te br&#251;l&#233;e, un reporter &#224; la conduite suicidaire qui ne vivra pas plus longtemps qu'elle. Ils se croisent le temps d'une semaine de reportage pour le magazine Redbook. Feingersh, apr&#232;s l'avoir convaincue, la fait poser dans le m&#233;tro ou dans l'arri&#232;re-salle d'un bar, parfois un peu floue, d&#233;cadr&#233;e. Redbook titrera : &#171; &lt;i&gt;Marilyn Monroe comme vous ne l'avez jamais vue ! &lt;/i&gt; &#187; et en effet, cette s&#233;rie efface d'un coup paillettes et boas de plumes, ce qui &#233;tait le souhait de Marilyn. Outre cette semaine new-yorkaise et l'histoire du reporter, Adrien Gombeaud raconte le destin &#233;tonnant de ces photos, qu'on aurait pu ne jamais retrouver.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;i&gt;Marylin, derni&#232;res s&#233;ances&lt;/i&gt; de Michel Schneider&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Qui &#233;crit sur Marilyn Monroe projette n&#233;cessairement quelque chose sur elle... Ne se comparait-elle pas &#224; une toile blanche sur laquelle les spectateurs voyaient ce qu'ils voulaient voir ? Ici, la projection prend un tour plus complexe puisque Michel Schneider fixe son attention sur le dernier psychanalyste de l'actrice, Ralph Greenson, qui n'a cess&#233; de se prendre pour autre chose que ce qu'il &#233;tait, traitant sa patiente de fa&#231;on tr&#232;s peu orthodoxe. Il l'invitait chez lui, se m&#234;lait de ses choix professionnels, ordonnan&#231;ait sa vie... &#192; partir de cette relation fusionnelle, Schneider invente &#224; son tour sa Marilyn, utilisant des enregistrements dans lesquels on l'entend se parler &#224; elle-m&#234;me entre deux s&#233;ances avant de donner les cassettes &#224; son th&#233;rapeute. Son livre, au-del&#224; de la description d'une relation en miroir, est celui d'une solitude absolue.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;i&gt;Marilyn, naissance ann&#233;e z&#233;ro&lt;/i&gt; de V&#233;ronique Bergen&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ici aussi, l'histoire racont&#233;e de Marilyn explore les profondeurs, le d&#233;go&#251;t de soi, la folie, l'avanc&#233;e in&#233;luctable vers la mort. C&#233;r&#233;bral et trash &#224; la fois, &lt;i&gt;Marilyn, Naissance ann&#233;e z&#233;ro&lt;/i&gt; utilise une structure complexe, voix narratives qui changent &#224; chaque chapitre, allers et retours dans le temps, pour renouveler la figure de Norma Jeane devenue Marilyn Monroe : ainsi, deux femmes se parlent, se jugent. L'image, l'identit&#233; de Norma et de Marilyn sont diffract&#233;es, explos&#233;es. Des motifs r&#233;currents (la blancheur, la blondeur, le liquide...) apparaissent, viennent dire la place prise par un corps scrut&#233; &#224; la loupe, constamment sous contr&#244;le et qui chute autant qu'il s'&#233;l&#232;ve. Nous voil&#224; projet&#233;s dans l'inconscient de Marilyn comme &#224; la surface de sa peau. Autant dire qu'il s'agit d'explorer le vertige, ce que fait la langue m&#234;me de V&#233;ronique Bergen.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_173 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.annesavelli.fr/IMG/jpg/1952_de_dienes_beverly_carlton_hotel.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.annesavelli.fr/IMG/jpg/1952_de_dienes_beverly_carlton_hotel.jpg?1532349725' width='500' height='545' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(&lt;i&gt;Andr&#233; de Dienes, 1952&lt;/i&gt;)&lt;br class='autobr' /&gt;
(&lt;i&gt;voir &#233;galement ma rubrique Marilyn everywhere&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>A m&#234;me la peau</title>
		<link>https://www.annesavelli.fr/livres/article/a-meme-la-peau</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.annesavelli.fr/livres/article/a-meme-la-peau</guid>
		<dc:date>2017-11-05T14:23:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne Savelli</dc:creator>


		<dc:subject>photographie</dc:subject>
		<dc:subject>Los Angeles</dc:subject>
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		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>danse</dc:subject>
		<dc:subject>New York</dc:subject>
		<dc:subject>A m&#234;me la peau</dc:subject>
		<dc:subject>femme(s)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Livre papier et num&#233;rique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Novembre 2017&lt;br class='autobr' /&gt;
Prix num&#233;rique 5.99&#8364;&lt;br class='autobr' /&gt;
Prix papier 13.00&#8364;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/los-angeles" rel="tag"&gt;Los Angeles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/biographie" rel="tag"&gt;biographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/danse" rel="tag"&gt;danse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/new-york" rel="tag"&gt;New York&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/a-meme-la-peau" rel="tag"&gt;A m&#234;me la peau&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/femme-s" rel="tag"&gt;femme(s)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_85 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.annesavelli.fr/IMG/jpg/a_meme_la_peau.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.annesavelli.fr/IMG/jpg/a_meme_la_peau.jpg?1532349170' width='500' height='796' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.publie.net/livre/a-meme-la-peau-anne-savelli/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Editions publie.net, collection Temps r&#233;el&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Bien corset&#233;s, ce serait donc ce que nous sommes, et le monde de l'&#233;veil celui de toutes les fronti&#232;res ? Squelette, peau, graisse, muscle, poil, cheveux, langue, sans oublier la fa&#231;on dont nous f&#251;mes nourris, berc&#233;s, rassur&#233;s, rejet&#233;s, &#233;duqu&#233;s, test&#233;s, amoindris, jug&#233;s, excit&#233;s, refroidis : tout cela nous circonscrirait &#224; une forme, une seule, inamovible ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment vivre au plus pr&#232;s des corps ? Ce diptyque, Anne Savelli l'a &#233;crit &#224; leur contact. Tout contre. N&#233; d'une collaboration avec la compagnie de danse Pi&#232;ces d&#233;tach&#233;es, c'est un roman double qui prend comme point de fixation la peau, les os, les muscles dans ce qu'ils ont de plus min&#233;ral, parfois, mais aussi de plus volatile. Ballet de mouvements qui &#233;crivent autant qu'ils inventent leur rapport &#224; l'autre et au monde, d'une part ; de l'autre, vertige de la fixit&#233; dans une s&#233;rie stroboscopique de photographies qui puisent autant dans les zones d'ombre du mod&#232;le que dans son &#233;clat. En creux, c'est tout un monde de luxe, de perfection physique et de domination qui va se d&#233;ployer et dont le r&#233;cit tentera de reconstruire, d'assembler, de r&#233;&#233;crire l'identit&#233; dans une forme proche de l'enqu&#234;te fragment&#233;e. C'est l'histoire d'un corps qui s'effondre, toujours. C'est aussi le lieu choisi pour une &#233;l&#233;vation d'une grande po&#233;sie.&lt;/p&gt;
&lt;p align=center&gt;*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Note : le premier texte du diptyque a pour porte d'entr&#233;e l'expression &lt;i&gt;d'ici l&#224;&lt;/i&gt; et ce qu'elle m'a permis d'&#233;crire dans la &lt;a href=&#034;http://revue-dicila.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;revue&lt;/a&gt;du m&#234;me nom afin, ici, d'exprimer le mouvement de deux corps incarn&#233;s par trois danseurs. Le second a &#233;t&#233; inspir&#233; par un recueil de photographies noir et blanc dont l'unique mod&#232;le est une femme qui se m&#233;tamorphose sous l'oeil du photographe.&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/XfzuAKb8SB0?si=DY5jcEctNpa5si2w&#034; title=&#034;YouTube video player&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; referrerpolicy=&#034;strict-origin-when-cross-origin&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
		
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