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	<title>Fen&#234;tres Open Space</title>
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		<title>Fen&#234;tres Open Space</title>
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		<title>Epuisement des chaufourniers</title>
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		<dc:date>2025-11-27T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne Savelli</dc:creator>


		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>Jacqueline H&#233;zon</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;crire</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Tentative de description de la rue sur laquelle donnaient les fen&#234;tres des chambres de l'appartement dans lequel j'ai v&#233;cu 23 ans, &#224; la mani&#232;re de Thomas Clerc.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/textes-en-acces-libre/" rel="directory"&gt;Textes en acc&#232;s libre&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/jacqueline-hezon" rel="tag"&gt;Jacqueline H&#233;zon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/ecrire" rel="tag"&gt;&#233;crire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1969 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.annesavelli.fr/IMG/jpg/img_3783-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.annesavelli.fr/IMG/jpg/img_3783-2.jpg?1762533124' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;M&#233;thode&lt;/i&gt; : partir du bas de la rue et regarder, en remontant, les c&#244;t&#233;s pair et impair de mani&#232;re alternative. &lt;i&gt;Situation&lt;/i&gt; : La rue des Chaufourniers, perpendiculaire &#224; la rue de Meaux puis &#224; l'avenue Mathurin Moreau, est proche de la place du Colonel Fabien. S'ouvrant litt&#233;ralement sur elle, rue de Meaux, le magasin Martel, Bricolage Bois au d&#233;tail depuis 1961, institution du quartier dont la fa&#231;ade a &#233;t&#233; r&#233;cemment repeinte en orange et gris (pr&#233;c&#233;demment, elle &#233;tait grise et jaune), s'&#233;tale sur deux num&#233;ros, qui communiquent &#224; l'int&#233;rieur (on passe d'une boutique &#224; l'autre par le sous-sol, sans forc&#233;ment s'en rendre compte). &lt;i&gt;Souvenir&lt;/i&gt; : pr&#233;c&#233;demment, Martel poss&#233;dait m&#234;me trois boutiques accol&#233;es. La troisi&#232;me a &#233;t&#233; c&#233;d&#233;e, me semble-t-il, &#224; un magasin d'alimentation juif, qui a ferm&#233;. Une &#233;tude de notaire a ensuite pris sa place. Mais mon souvenir est flou. Il est &#233;galement possible que la fermeture ait eu lieu de l'autre c&#244;t&#233; des deux b&#226;timents restants. Le troisi&#232;me magasin Martel serait alors devenu Stellarose, une boutique de jolies choses dans laquelle je ne vois jamais personne, ni entrer, ni sortir. &lt;i&gt;V&#233;rification temporelle Google Street View&lt;/i&gt; : en 2019, le troisi&#232;me &#171; pan Martel &#187; &#233;tait d&#233;j&#224; vendu, mais impossible de savoir de quel c&#244;t&#233;. Ni la future (?) &#233;tude de notaire, de couleur marron, ni la boutique de droite (Stellarose), alors grise, ne portent sur l'image de nom ou d'enseigne. &lt;i&gt;Podcast&lt;/i&gt; : je d&#233;couvre un &lt;a href=&#034;https://www.radiocampusparis.org/emission/Anz-ici-et-la/Nx8D-ici-et-la-6-martel-bricolage-de-pere-en-fils&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;pisode&lt;/a&gt; de l'&#233;mission Ici et l&#224; de Radio Campus, datant de 2017, consacr&#233; &#224; Martel. Je l'&#233;coute. &lt;i&gt;Autocritique&lt;/i&gt; : il faudrait que je garde ces informations pour la rue de Meaux, mais je suis trop curieuse, je vais au bout, avant de poursuivre ma description. Voil&#224;. Reprenons. &lt;br class='autobr' /&gt;
C&#244;t&#233; pair, on acc&#232;de &#224; la rue des Chaufourniers par le d&#233;but de la rue de Meaux, dont le premier tron&#231;on, partant de la place Colonel Fabien, est devenu pi&#233;ton et v&#233;g&#233;talis&#233; il y a quelques mois (ou ann&#233;es, d&#233;j&#224; ?). &#192; l'angle de la rue de Meaux et de la rue des Chaufourniers s'est longtemps tenue une &#233;picerie, d&#233;sormais ferm&#233;e. Monsieur Martel, dans l'&#233;mission de radio pr&#233;cit&#233;e, se souvient qu'avant, se tenait un caf&#233;. &lt;i&gt;Street art&lt;/i&gt; : l'&#233;picerie est orn&#233;e de cinq dessins de visages stylis&#233;s vus de profil, rappelant ceux de Jean Cocteau. Ils sont associ&#233;s, chacun, aux mots suivants, &#233;crits &#224; la place des yeux : parcours &#8211; parchemin &#8211; cheminer &#8211; lueur &#8211; secte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au 2 rue des Chaufourniers, Lavotronic, un lavomatic, indique sympathiquement, sur la vitrine, en lettres de n&#233;on : lessive gratuite. &lt;i&gt;Action&lt;/i&gt; : un camion tagu&#233; se gare. &lt;i&gt;Bande-son&lt;/i&gt; : un oiseau, suivi d'un bruit plus ou moins continu de karcher. &lt;i&gt;Parfum&lt;/i&gt; : celui de la lessive v&#233;hicul&#233;, en permanence, par un nuage de vapeur chaude sorti de Lavotronic, dont la porte est toujours ouverte. &lt;i&gt;Performance olo&#233;&lt;/i&gt; : entrer pour prendre des notes assises sur l'une des deux chaises pliantes &#224; disposition. &lt;i&gt;Attente&lt;/i&gt; : un unique client utilise ces deux chaises, l'une pour lui, l'autre pour son sac. Il ne semble pas pr&#234;t &#224; partir. Dans l'attente, je remarque une affichette &#171; chat perdu &#187; indiquant que Mishka, un matou gris aux yeux jaunes, a disparu depuis quinze jours. La derni&#232;re fois, il a &#233;t&#233; vu rue de Meaux. &#171; R&#233;compense : &lt;3 &#187; a &#233;t&#233; rajout&#233; au feutre. Pleutre, j'abandonne le Lavotronic, dont le client m'observe, m&#233;fiant, peut-&#234;tre, tandis que j'&#233;cris dans mon carnet. &lt;i&gt;Diversion&lt;/i&gt; : c&#244;t&#233; impair, un grand escalier ext&#233;rieur en colima&#231;on semble ne jamais mener personne nulle part. C&#244;t&#233; pair, au 2B, une autre affichette, &#171; Merci de ne pas uriner sur le mur de notre maison (ainsi que vos compagnons &#224; quatre pattes) &#187; a &#233;t&#233; coll&#233;e &#224; l'angle. Au sol, une longue trace d'urine, justement &#8211; non r&#233;cente. La maison s'appelle &lt;a href=&#034;https://www.lapieceblanche.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Pi&#232;ce blanche&lt;/a&gt;. &lt;i&gt;Souvenir&lt;/i&gt; : lorsqu'elle accueille des expositions temporaires (photos, tableaux, installations), la porte est ouverte. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Coup d'oeil sur le web&lt;/i&gt; : la Pi&#232;ce blanche n'est pas une &#171; maison &#187; mais un espace &#224; louer (&#171; espace modulable pens&#233; pour recevoir tous vos &#233;v&#233;nements : expositions, pop up stores, ateliers de pratiques corporelles &#187;). Toute la fa&#231;ade est vitr&#233;e, mais rendue invisible aux regards, car opacifi&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1971 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.annesavelli.fr/IMG/jpg/img_3786.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.annesavelli.fr/IMG/jpg/img_3786.jpg?1762533428' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En face, le trottoir impair est int&#233;gralement d&#233;di&#233; &#224; la cit&#233; blanche (d&#233;signation informelle mais commune, dans le quartier, en opposition &#224; la Cit&#233; rouge qui, elle, est nomm&#233;e ainsi par tout le monde, institutions comprises, d'o&#249; sa majuscule). La cit&#233; blanche s'&#233;tend sur les num&#233;ros 3, 5, 7, 9 et 11. Le premier num&#233;ro, invisible, donne sur un pan de &#171; jardinet &#187; inaccessible, ferm&#233; par une grille &#224; travers les barreaux de laquelle sont jet&#233;es, avec une constance remarquable, un certain nombre de cochonneries (canettes et bouteilles de plastique vides, en particulier), plus ou moins cach&#233;es par deux arbres, au pied de l'escalier en colima&#231;on sus-dit. En avan&#231;ant, on s'aper&#231;oit que la porte &#224; code de la longue grille de la cit&#233; blanche est ouverte. Sur la pelouse, des tuyaux et palettes rappellent que des travaux cons&#233;quents (remplacement des fen&#234;tres, par exemple) ont &#233;t&#233; effectu&#233;s et ne sont pas encore termin&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Action discr&#232;te&lt;/i&gt; : c&#244;t&#233; pair, dans le caniveau, un vent l&#233;ger d&#233;place un sac vide de fraises Tagada. &lt;i&gt;Observation&lt;/i&gt; : les logements sociaux, c&#244;t&#233; pair, par leur forme arrondie et leurs espaces verts, effraient moins que la Cit&#233; rouge, pourtant belle (bien plus belle). Le jardin de l'immeuble arrondi, qui compte quatre grands arbres et des buissons, est inaccessible au promeneur (grillage, porte &#224; code). &lt;i&gt;Esth&#233;tique&lt;/i&gt; : dans le caniveau, des bris de vitre. &lt;i&gt;Rappel&lt;/i&gt; (&#171; Ah oui, c'est vrai, j'avais oubli&#233;. &#187;) : au 10, une boutique bleue, ferm&#233;e, rec&#232;le un atelier de r&#233;paration de v&#233;los. &lt;i&gt;Mouvement&lt;/i&gt; : passe un jeune homme musicien (violoniste ?), la housse de son instrument port&#233;e comme un sac &#224; dos. Au 12, une &#171; soci&#233;t&#233; de marquage industriel &#187; &#224; laquelle je n'avais jamais pr&#234;t&#233; attention indique &#171; SMI, l'art du marquage &#187;. C'est un peu rat&#233;, pour le coup. &lt;i&gt;Action&lt;/i&gt; : c&#244;t&#233; impair, devant la cit&#233; blanche, un brancardier fait entrer une personne &#226;g&#233;e dans une ambulance, tandis que le conducteur attend. Je ne vois que les cheveux gris du ou de la malade. &lt;i&gt;Fief&lt;/i&gt; : c&#244;t&#233; pair, nous voil&#224; aux Frangins, bistrot dont l'accueil est connu et appr&#233;ci&#233;. &lt;i&gt;Souvenir&lt;/i&gt; : du caf&#233; pr&#233;c&#233;dent reste une photo prise sur le trottoir de l'avenue Mathurin Moreau, qui se trouve dans mon appartement. &lt;i&gt;Coup d'oeil rapide&lt;/i&gt; : en ce d&#233;but d'apr&#232;s-midi, par temps doux, il y a du monde en terrasse, mais pas trop. &lt;i&gt;Figure locale&lt;/i&gt; : &#224; l'angle de l'avenue Mathurin Moreau et de la rue des Chaufourniers c&#244;t&#233; impair, se tient l'homme d'Irlande (&#8594; &lt;a href=&#034;https://www.publie.net/livre/des-oloes-espaces-elastiques-ou-lire-ou-ecrire-anne-savelli/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Des olo&#233;s&lt;/a&gt;). Il range des choses dans ses poches. &lt;i&gt;Voisine&lt;/i&gt; : en traversant, j'aper&#231;ois Anne C &#224; la boulangerie. &lt;i&gt;Constat&lt;/i&gt; : la vitrine de la librairie Longtemps pr&#233;sente depuis un moment une th&#233;matique Minecraft. En faisant plus attention, je d&#233;couvre &#233;galement une mise en avant de &#034;The nice house by the sea&#034;. &lt;i&gt;Coup d'oeil sur le web&lt;/i&gt; : il s'agit d'un comic (comics ?), &#171; v&#233;ritable ph&#233;nom&#232;ne en librairie &#187;, qui raconte l'histoire de douze experts r&#233;unis dans une maison paradisiaque au bord de la M&#233;diterran&#233;e, &#233;lus pour survivre &#224; la fin du monde. &lt;i&gt;Constatation&lt;/i&gt; : je suis contente d'apprendre quelque chose. &lt;i&gt;Autre constatation&lt;/i&gt; : le traditionnel coin r&#233;serv&#233; aux enfants, dans la vitrine, est pris par des livres de cuisine du sud de l'Europe (Italie, Gr&#232;ce). Retour &#224; la rue des Chaufourniers. C&#244;t&#233; pair, l'espace est squatt&#233; depuis des mois par les travaux de la Cit&#233; rouge qui stockent leur mat&#233;riel le long du trottoir, prot&#233;g&#233; par des grilles. C&#244;t&#233; impair, &#224; l'angle, une pharmacie trop ch&#232;re dans laquelle je ne me rends jamais. La suit un barber shop, puis une boutique vide, grise, absolument neutre, &#224; laquelle je n'ai jamais pr&#234;t&#233; attention. Pleutre, &#224; nouveau, je me cache derri&#232;re le grillage des travaux, c&#244;t&#233; pair, pour observer ce c&#244;t&#233; impair. Apr&#232;s la boutique vide appara&#238;t un petit magasin de retouches qui annonce &#234;tre sp&#233;cialis&#233; dans les &#171; robes de mari&#233;es, robes de soir&#233;e &#187;. &lt;i&gt;Constatation&lt;/i&gt; : je n'ai jamais vu la moindre robe en sortir. &lt;i&gt;&#201;tonnement&lt;/i&gt; : je r&#233;alise brusquement que le coiffeur mixte o&#249; je ne suis entr&#233;e qu'une fois a disparu depuis des ann&#233;es. &lt;i&gt;Souvenir&lt;/i&gt; : les clientes, sans doute emp&#234;ch&#233;es de le faire chez elles, fumaient &#224; qui mieux mieux dans l'&#233;troite boutique. On sortait de l&#224; coiff&#233;e, mais puante, les cheveux impr&#233;gn&#233;s de l'odeur du tabac. &lt;i&gt;Note&lt;/i&gt; : la fa&#231;ade de l'immeuble haussmannien coll&#233; au mien, au 25 bis, indique &#171; Joseph Mignatar1, entrepreneur, 1902 &#187;. En remontant, toujours c&#244;t&#233; impair, on tombe sur un podologue p&#233;dicure ferm&#233;. Demi-tour : dans le dos, appara&#238;t la nouvelle entr&#233;e, rue des Chaufourniers, de la Cit&#233; rouge, bien diff&#233;rente de l'ancienne. &lt;i&gt;Historique&lt;/i&gt; : le b&#226;timent Chaufournier, qui date des ann&#233;es 1970, a &#233;t&#233; ajout&#233; bien apr&#232;s la cit&#233; elle-m&#234;me, pur produit de briques rouges des ann&#233;es 1930. (Inclusion de souvenir : cette partie plus r&#233;cente de la cit&#233;, ma voisine Jacqueline la d&#233;testait) (&#8594;&lt;a href=&#034;https://www.patreon.com/posts/25-le-projet-131958878&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;projet Jacqueline&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1974 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.annesavelli.fr/IMG/jpg/img_3784.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.annesavelli.fr/IMG/jpg/img_3784.jpg?1762533833' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Historique&lt;/i&gt;, suite : l'ancienne entr&#233;e rue des Chaufourniers a &#233;t&#233;, jusque r&#233;cemment, le fief officieux mais incontestable de la &#171; bande de la Cit&#233; rouge &#187; qui la squattait toutes les nuits. Pour emp&#234;cher ces r&#233;unions, sur une vingtaine d'ann&#233;es, elle a successivement &#233;t&#233; munie d'une double porte, tr&#232;s haute et large, puis d'un code (qui a tenu vingt-quatre heures), puis d'une cloison s&#233;parant les deux parties de la porte. La nouvelle entr&#233;e, en pente douce, conduit &#224; la cit&#233; par un espace vert. &lt;i&gt;Franchissement de seuil&lt;/i&gt; : je d&#233;cide de l'emprunter, la porte &#233;tant, certes, pourvue d'un code, mais qui se r&#233;v&#232;le inutile puisqu'elle reste, tacitement je pense, toujours entrouverte. &lt;i&gt;Surprise&lt;/i&gt; : au passage, un jeune homme, &#233;couteurs sur les oreilles, me dit bonjour. &lt;i&gt;Constatations subjectives, successives&lt;/i&gt; : soit je fais illusion, en tant qu'habitante de la cit&#233;, soit tout le monde me conna&#238;t dans le quartier, suppos&#233;-je + voil&#224; qui me fait plaisir, en tout cas + arriv&#233;e &#224; mi-pente, je d&#233;couvre que l'immeuble coll&#233; au mien est nettement plus beau (que le mien). &lt;i&gt;Constatation objective&lt;/i&gt; : il compte deux &#233;tages de plus. Information r&#233;cente : le nouveau propri&#233;taire de notre immeuble a voulu le sur&#233;lever de deux &#233;tages quand il l'a achet&#233;, mais la mairie s'y est oppos&#233;e. &lt;i&gt;&#201;vidence de quartier&lt;/i&gt; : cette partie de Paris, construite sur des carri&#232;res de gypse, est un gruy&#232;re et risque, &#224; tout moment, l'effondrement. &lt;i&gt;&#201;vidence &#233;nerv&#233;e&lt;/i&gt; : il faut vraiment &#234;tre d&#233;bile pour ne pas le savoir. &lt;i&gt;Observation secr&#232;te&lt;/i&gt; : redescendue sur le trottoir, toujours cach&#233;e derri&#232;re les grilles des travaux, je suis la vie du Navigateur, le caf&#233;-tabac de mon immeuble qui ne fait plus tabac mais r&#233;siste &#224; l'ignare, ou cynique, ou les deux, propri&#233;taire. &lt;i&gt;Contact&lt;/i&gt; : je croise la compagne de l'ancienne marchande de journaux et papeti&#232;re que j'aime bien, et &#224; qui nous avons annonc&#233; le non-renouvellement des baux des locataires de notre immeuble il y a quelques jours, en les croisant, l&#224; aussi, par hasard, alors que nous ne les voyons plus jamais. Elles pensaient, d'ailleurs, que nous avions d&#233;m&#233;nag&#233;. &lt;i&gt;Croyance&lt;/i&gt; : il n'y a pas de hasard. &lt;i&gt;Compl&#233;ment&lt;/i&gt; : il n'y a que des rendez-vous. &lt;i&gt;Coup d'oeil sur le web&lt;/i&gt; : c'est une citation de Paul &#201;luard, reprise par une romanci&#232;re auto-&#233;dit&#233;e qui en a fait le titre de son livre. &lt;i&gt;Lecture&lt;/i&gt; : l'association de consommateurs qui a install&#233; ses bureaux il y a plusieurs ann&#233;es au rez-de-chauss&#233;e de la Cit&#233; rouge et a, depuis, install&#233; des protections vitr&#233;es aux fen&#234;tres, s'en sert pour placarder le slogan Gare aux arnaques !&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1972 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.annesavelli.fr/IMG/jpg/img_3795.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.annesavelli.fr/IMG/jpg/img_3795.jpg?1762533610' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Surprise&lt;/i&gt; : au croisement de la rue des Chaufourniers et de l'avenue Simon Bolivar, je d&#233;couvre un panneau &#171; rue Bolivar &#187; que je n'avais jamais remarqu&#233;. &lt;i&gt;Question&lt;/i&gt; : De quelle modestie, ou de quelle flemme, est-il la marque ? &lt;i&gt;Bande-son&lt;/i&gt; : travaux qu'on effectue &#224; l'int&#233;rieur de l'immeuble qui fait face au Navigateur. &lt;i&gt;Souvenir&lt;/i&gt; : cet immeuble abritait, il y a presque vingt-cinq ans, une agence immobili&#232;re dont j'avais regard&#233; les annonces en vitrine alors m&#234;me que nous nous appr&#234;tions &#224; signer notre bail. L'une d'entre elles, situ&#233;e dans le Xe, correspondait &#224; nos attentes, mais, trop fatigu&#233;e, je n'ai pas eu le courage de franchir le seuil pour savoir si l'appartement &#233;tait encore libre, ni o&#249; il se trouvait exactement. &lt;i&gt;Sentiments&lt;/i&gt; : autoflagellation, regrets &#233;ternels, tant pis. Depuis, l'agence a disparu et cet immeuble se trouve, perp&#233;tuellement, en consolidation. &lt;i&gt;Lecture&lt;/i&gt; : une affichette &#171; chien perdu &#187; annonce que Sadie, peureuse, s'est &#233;gar&#233;e avenue Secr&#233;tan. &lt;i&gt;Animalerie&lt;/i&gt; : un jeune homme prom&#232;ne, justement, son chien. &lt;i&gt;Parfum&lt;/i&gt; : de shit, mais o&#249; ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1970 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.annesavelli.fr/IMG/jpg/img_3788.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.annesavelli.fr/IMG/jpg/img_3788.jpg?1762533124' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La rue des Chaufourniers, qui se termine en impasse, est d&#233;serte. Cot&#233; pair, cependant : un homme est assis dans une voiture &#224; l'arr&#234;t. Nous voici en bas de la butte Bergeyre, dont l'acc&#232;s est, &#224; cet endroit, interdit. Derri&#232;re la grille qui cerne le coteau apparaissent, dans la pente, des vignes cultiv&#233;es. Deux panneaux indiquent, soit que les chiens sont interdits, soit le montant de l'amende &#224; laquelle seront soumis leurs ma&#238;tres s'ils ne ramassent pas les d&#233;jections. Interdiction : c&#244;t&#233; impair, une autre grille emp&#234;che les chiens et les gens de se rendre dans un coin verdoyant o&#249; trois contreforts, soutenant un mur, se r&#233;v&#232;lent. Calcul : au jug&#233;, je compte au moins deux hommes dans des voitures &#224; l'arr&#234;t, peut-&#234;tre davantage. &lt;i&gt;Supposition&lt;/i&gt; : si je prends une photo du coteau de la Butte Bergeyre, je passe pour une touriste. &lt;i&gt;Fabulation&lt;/i&gt; : si je prends autre chose en photo, dans l'impasse, on ne comprend plus ce que je fais l&#224; et je laisse croire que je suis une espionne, un flic en civil. &lt;i&gt;Admiration&lt;/i&gt; : le c&#244;t&#233; impair du trottoir est fourni en plantes de toutes sortes, que je photographie, justement. Plus bas sur le trottoir, un tas destin&#233; aux encombrants permet d'entrevoir, dans un sac, une essoreuse &#224; salade bleue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Texte &#233;crit pour le projet &lt;a href=&#034;https://www.lairnu.net/parlaparis/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Par-l&#224; Paris&lt;/a&gt; &#224; la mani&#232;re de Thomas Clerc dans Paris Mus&#233;e du XXIe si&#232;cle (10e et 18e arrondissements), apr&#232;s avoir appris au printemps 2025 le non-renouvellement des baux de l'immeuble dans lequel Jacqueline, Martine, Anne et d'autres que moi encore vivaient jusqu'ici. Mise en ligne le jour de mon d&#233;m&#233;nagement.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Lov&#233;e dans l'olo&#233;</title>
		<link>https://www.annesavelli.fr/textes-en-acces-libre/article/lovee-dans-l-oloe</link>
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		<dc:date>2023-07-09T13:13:25Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne Savelli</dc:creator>


		<dc:subject>olo&#233;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Texte secret pour les trente ans des &#233;ditions de L'Attente&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/textes-en-acces-libre/" rel="directory"&gt;Textes en acc&#232;s libre&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/oloe" rel="tag"&gt;olo&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1245 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.annesavelli.fr/IMG/jpg/fauteuil_ball_eero_aarnio.jpg?1688908253' width='500' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p align=justify&gt;Quand il me dit de respirer, il propose parfois de faire appara&#238;tre une couleur. Elle finira par envahir le corps assis ou allong&#233;, promet-il. Ou plut&#244;t non : il ne promet rien. Le cerveau seul fait le travail, convoque la couleur. Celle qui vient est orange, un orange pr&#232;s du rouge, plus proche du sang que de l'&#339;uf.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Parti de rien, l'orange se distend. Il devient couverture, v&#234;tement, bubble gum qui s'&#233;tire, englobe le corps dans ce qu'on appelle un fauteuil Ball, ce meuble des ann&#233;es 60 dont la coque en forme de ballon prot&#232;ge, cache, enveloppe, engloutit presque son occupant.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Oh l&#224;, que d'ut&#233;rin, lit-on.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;S&#251;r. Cet orange est mati&#232;re moelleuse, il conquiert le corps r&#233;chauff&#233;. Lib&#233;r&#233;e, la t&#234;te se tourne alors vers une baie vitr&#233;e donnant sur un jardin, parfois une table basse et, dans l'angle, une mince for&#234;t de plantes. S'il ne s'agissait pas d'aller y capter l'air, on pourrait avoir peur d'&#233;touffer, de rester bloqu&#233;e dans ce lieu qui offre peu d'espace.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;On notera qu'il est sans rapport avec la pi&#232;ce dans laquelle le corps r&#233;el est allong&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Quant aux salles d'attente auxquelles il pourrait faire penser, antichambres du soin, des probl&#232;mes &#224; r&#233;gler pour d&#233;livrer la t&#234;te, elles sont cens&#233;es nous accueillir. Pourtant, on a toujours envie de les fuir. On triture ses doigts, on stresse, on scrolle, on scrute les horloges et l'ordre de passage. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ici, une fois l'armure orange et molle enfil&#233;e, coup&#233;e &#224; raz du cou pour garder la t&#234;te &#224; l'air libre, on se faufile. On a h&#226;te de retrouver la Ball, la bulle o&#249; lire &#233;crire, o&#249; respirer, o&#249; renommer : olo&#233; qui, voil&#224; son tour de force, finit par absorber tout lieu.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Ici l'olo&#233;. &#192; vous l'antipode.&lt;/p&gt;
&lt;p align=center&gt;*&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;(Texte &#233;crit en 2021 pour f&#234;ter les trente ans des &lt;a href=&#034;https://www.editionsdelattente.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;ditions de L'Attente&lt;/a&gt;, dont le logo est un fauteuil, maison o&#249; j'ai publi&#233; &lt;i&gt;D&#233;cor Daguerre&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Saint-Germain-en-Laye&lt;/i&gt;. La photo a &#233;t&#233; piqu&#233;e &#224; &lt;a href=&#034;https://www.1stdibs.com/designs/eero-aarnio-ball-chair/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Marie-Claire&lt;/a&gt;.)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'aventure moderne #6 : une respiration</title>
		<link>https://www.annesavelli.fr/textes-en-acces-libre/article/l-aventure-moderne-6-une-respiration</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.annesavelli.fr/textes-en-acces-libre/article/l-aventure-moderne-6-une-respiration</guid>
		<dc:date>2021-01-30T15:17:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne Savelli</dc:creator>


		<dc:subject>Marseille</dc:subject>
		<dc:subject>trajet</dc:subject>
		<dc:subject>train</dc:subject>
		<dc:subject>aventure moderne</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Retour au pr&#233;sent, au mouvement.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/train" rel="tag"&gt;train&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/aventure-moderne" rel="tag"&gt;aventure moderne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_779 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.annesavelli.fr/IMG/png/screenshot_2021-01-30_anne_savelli_sur_twitter_1_.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.annesavelli.fr/IMG/png/screenshot_2021-01-30_anne_savelli_sur_twitter_1_.png?1612019417' width='500' height='1145' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p align=justify&gt;Pendant qu'avec L'aiR Nu nous poursuivons notre travail sur ce site, &lt;a href=&#034;https://www.lairnu.net/ilots/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Nos &#238;les num&#233;riques&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; (plus de 100 articles au total !), je prends le train pour la premi&#232;re fois depuis des mois. Je me rends &#224; Marseille, o&#249; l'association La Marelle me re&#231;oit en r&#233;sidence. Ce train, le trajet jusqu'&#224; la gare, l'attente, le scan du billet, je m'en fais toute une histoire, comme tout ce qui demande un minimum d'adaptation depuis &lt;a href=&#034;http://annesavelli.fr/textes-en-acces-libre/article/l-aventure-moderne-1-l-oscillation?var_mode=calcul&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'oscillation&lt;/a&gt;. Une fois install&#233;e, une premi&#232;re annonce nous distille le blabla habituel, ou plut&#244;t celui du Covid : la voiture-bar ferm&#233;e, le masque obligatoire, n'oubliez pas les gestes barri&#232;res, d&#233;placez-vous le moins possible... Sur internet, j'ai cherch&#233; &#224; savoir si on pouvait &#233;ventuellement boire un peu de son eau ou croquer un sandwich home made, vite fait, mais n'ai trouv&#233; que des r&#233;ponses contradictoires. La voix dans le wagon n'en dit rien. Le train part. Nous roulons, prenons de la vitesse.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;C'est alors qu'&#201;ric intervient. &#201;ric de Nice, comme il se surnomme, est le conducteur de ce train. Et il d&#233;roule longuement, lyrique, tout un discours sur la puissance de sa machine et la d&#233;licatesse, faite d'ombres et lumi&#232;res, du paysage. Il nous conseille de quitter nos smartphones, d'oublier nos &#233;crans et de regarder dehors. Il nous propose aussi, malgr&#233; nos masques sur le visage, de nous saluer, de nous regarder dans les yeux. Invisible dans sa cabine, &#201;ric est dr&#244;le et po&#233;tique, technique et romanesque. &#192; la fin, malgr&#233; ce qu'il vient de nous dire, il nous invite... &#224; lui &#233;crire sur Twitter ! C'est cela, l'aventure moderne. C'est l'humain revenu. Et c'est la raison pour laquelle je m'ex&#233;cute : je veux l'inviter &#224; nous rejoindre.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;ric nous fait rire, nous d&#233;tend. Quelqu'un, sur le r&#233;seau, viendra lui dire que gr&#226;ce &#224; lui, il se sent comme &#224; la maison dans son train. Je suis d'accord, l'expression est la bonne : le TGV file, fend la vie num&#233;rique, pand&#233;mique, pour parler d'autre chose et nous lier &#224; l'instant.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;&#192; la Marelle, quand je raconte l'histoire, imm&#233;diatement on me dit : &#034;Ah mais toi, il t'arrive toujours une aventure dans le train !&#034; Et, il faut le reconna&#238;tre, quand je &lt;a href=&#034;http://fenetresopenspace.blogspot.com/2014/09/laisse-venir.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;laisse venir&lt;/a&gt;, c'est vrai.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'aventure moderne #5 : temps (num&#233;rique) de l'&#233;criture</title>
		<link>https://www.annesavelli.fr/textes-en-acces-libre/article/l-aventure-moderne-5-temps-numerique-de-l-ecriture</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.annesavelli.fr/textes-en-acces-libre/article/l-aventure-moderne-5-temps-numerique-de-l-ecriture</guid>
		<dc:date>2020-12-15T06:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne Savelli</dc:creator>


		<dc:subject>&#233;crire</dc:subject>
		<dc:subject>Pierre M&#233;nard</dc:subject>
		<dc:subject>Joachim S&#233;n&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Fran&#231;ois Bon</dc:subject>
		<dc:subject>vie professionnelle</dc:subject>
		<dc:subject>informatique</dc:subject>
		<dc:subject>L'aiR Nu</dc:subject>
		<dc:subject>Christophe Grossi</dc:subject>
		<dc:subject>Lucien Suel</dc:subject>
		<dc:subject>Philippe Aigrain</dc:subject>
		<dc:subject>Fred Griot</dc:subject>
		<dc:subject>Gilda Fiermonte</dc:subject>
		<dc:subject>publication</dc:subject>
		<dc:subject>remue.net</dc:subject>
		<dc:subject>temps</dc:subject>
		<dc:subject>Maryse Hache</dc:subject>
		<dc:subject>aventure moderne</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Cr&#233;ation litt&#233;raire num&#233;rique : le temps des passeurs&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/ecrire" rel="tag"&gt;&#233;crire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/pierre-menard" rel="tag"&gt;Pierre M&#233;nard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/joachim-sene" rel="tag"&gt;Joachim S&#233;n&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/francois-bon" rel="tag"&gt;Fran&#231;ois Bon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/vie-professionnelle" rel="tag"&gt;vie professionnelle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/informatique" rel="tag"&gt;informatique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/l-air-nu" rel="tag"&gt;L'aiR Nu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/christophe-grossi" rel="tag"&gt;Christophe Grossi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/lucien-suel" rel="tag"&gt;Lucien Suel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/philippe-aigrain" rel="tag"&gt;Philippe Aigrain&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/fred-griot" rel="tag"&gt;Fred Griot&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/gilda-fiermonte" rel="tag"&gt;Gilda Fiermonte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/publication" rel="tag"&gt;publication&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/remue-net" rel="tag"&gt;remue.net&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/temps" rel="tag"&gt;temps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/maryse-hache" rel="tag"&gt;Maryse Hache&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/aventure-moderne" rel="tag"&gt;aventure moderne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_764 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.annesavelli.fr/IMG/png/apollinaire_-_calligrammes__p._40.png?1607945034' width='500' height='540' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(calligramme de Guillaume Apollinaire)&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Cette fois, je d&#233;cide d'&#233;crire &#224; m&#234;me l'interface, directement dans &lt;i&gt;Nos &#238;les&lt;/i&gt;, et non de commencer par utiliser un traitement de textes avant d'effectuer un copier-coller en ajoutant quelques balises &#224; mon article. Ce que je veux &#233;crire comprendra de nombreux liens, voil&#224; ce que j'ai en t&#234;te. Mais ce que je recherche, c'est peut-&#234;tre &#233;galement le geste initial, celui que la cr&#233;ation en ligne a instaur&#233; au tout d&#233;but : taper le texte au c&#339;ur du site, le relire au moment de la publication.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Je voudrais parler de cette effervescence de l'espace d'&#233;criture personnel, de la fin des ann&#233;es 1990 au milieu des ann&#233;es 2010, avant que le texte ne se d&#233;place massivement vers les r&#233;seaux sociaux et, sans doute, les &lt;a href=&#034;https://www.coollibri.com/blog/quelle-plate-forme-ecriture-choisir/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;plateformes&lt;/a&gt; d'&#233;criture d&#233;di&#233;es. Ces derni&#232;res, je ne les fr&#233;quente pas, je n'en parlerai donc pas (un tour sur l'une d'entre elles, &#224; l'instant, me rappelle l'&#233;poque d'avant le web, quand il fallait passer par les concours de nouvelles dans des revues que, sinon, on n'aurait pas lues, pour se sentir publi&#233;.es. J'avoue que je m'en souviens sans enthousiasme et que cette &#233;vocation ne me donne pas envie de poursuivre mon exploration, mais peut-&#234;tre ai-je tort. &#192; 20 ans, c'est sur une de ces plateformes de publication que j'aurais commenc&#233; par me rendre, certainement. Il faudrait demander aux gens de 20 ans qui &#233;crivent ce qu'ils en pensent).&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;&lt;i&gt;(je me souviens du &lt;a href=&#034;https://www.lairnu.net/ilots/enquete/ou-et-quand/article/quatrieme-episode-les-lieux-et-moments-de-connexion&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;lieu&lt;/a&gt; de ma premi&#232;re connexion personnelle, chez moi, &#224; Saint-Ouen, mais absolument plus du moment en lui-m&#234;me ni de ma toute premi&#232;re recherche)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Je voudrais citer les passeurs, ceux qui arpentaient le web litt&#233;raire francophone pour nous rapporter ce qu'ils trouvaient digne d'int&#233;r&#234;t et nous pousser &#224; ouvrir telle ou telle page, &#224; visiter tel ou tel site. Je les suivais &#224; peu pr&#232;s tous (ils n'&#233;taient pas si nombreux, au d&#233;but), par curiosit&#233;, puis parce que c'&#233;tait devenu mon m&#233;tier.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_766 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.annesavelli.fr/IMG/jpg/remue.net_en_2000.jpg?1607945163' width='500' height='345' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(remue.net en l'an 2000)&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Commencer par Fran&#231;ois Bon, dont j'&#233;tais une lectrice et dont j'avais d&#233;couvert le premier site personnel, remue.net, qui deviendrait par la suite collectif, parce qu'il ouvrait sans cesse 200 portes &#224; la fois (et continue de le faire, sur son &lt;a href=&#034;https://www.tierslivre.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site&lt;/a&gt; mais aussi sur &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/channel/UCyhmq2FXs8JxwkFLUgQ2n4w&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Youtube&lt;/a&gt;). Un autre site que je consultais souvent : celui qui, anonyme je crois &#224; l'&#233;poque, s'intitulait &lt;a href=&#034;http://www.christinegenin.fr/labyrinthe/accueil.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Labyrinthe&lt;/a&gt; et &#233;tait tenu par Christine Genin (derni&#232;re mise &#224; jour fin 2008). On y trouvait un index d'auteurs francophones contemporains &#034;publi&#233;s papier&#034;, avec site ou non. Une &lt;a href=&#034;http://www.christinegenin.fr/labyrinthe/creation.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;seconde page&lt;/a&gt; r&#233;unissait les cr&#233;ations web, toujours par ordre alphab&#233;tique. Une troisi&#232;me regroupait les &lt;a href=&#034;http://www.christinegenin.fr/labyrinthe/blogs.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;blogs&lt;/a&gt; que Christine suivait : cela suffisait pour commencer de s'y perdre.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_765 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.annesavelli.fr/IMG/jpg/blog_genin_4.jpg?1607945059' width='500' height='420' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p align=justify&gt;Il faudrait faire l'exp&#233;rience de cliquer sur chaque lien de ces pages datant de 2007, 2008, et voir ce qui se produit. Il faudrait se demander qui on conna&#238;t, qui on a d&#233;j&#224; lu et peut-&#234;tre surtout &#233;tablir la liste de qui on lit encore et demeure accessible par cette suite exacte de liens. 2007, 2008, &#231;a ne para&#238;t pas si loin. Difficile, cependant, de remonter davantage dans le temps sans chercher des heures &#8212; et peut-&#234;tre en vain &#8212; un meilleur annuaire.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Je la fais, tiens, cette liste, avant de poursuivre ma route : d'une page &#224; l'autre, je peux ainsi retrouver &lt;a href=&#034;http://paigrain.debatpublic.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Philippe Aigrain&lt;/a&gt;, Brigitte Celerier (&lt;a href=&#034;https://brigetoun.blogspot.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Paum&#233;e&lt;/a&gt;), &lt;a href=&#034;http://www.eric-chevillard.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#201;ric Chevillard&lt;/a&gt; (mais je ne le lis plus trop), Fred Griot (dont l'ancien blog fait basculer directement vers le &lt;a href=&#034;http://www.fgriot.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;nouveau site&lt;/a&gt;), Philippe de Jonckheere (toujours le m&#234;me &lt;a href=&#034;http://www.desordre.net/blog/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;D&#233;sordre&lt;/a&gt;, toujours &#233;volutif depuis vingt ans), &lt;a href=&#034;http://www.liminaire.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pierre M&#233;nard&lt;/a&gt;, Ang&#232;le Paoli (&lt;a href=&#034;https://terresdefemmes.blogs.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Terres de femmes&lt;/a&gt;), &lt;a href=&#034;http://academie23.blogspot.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lucien Suel&lt;/a&gt;, Gilda Fiermonte (&lt;a href=&#034;https://gilda.typepad.com/traces_et_trajets/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Traces et trajets&lt;/a&gt;), Florence Trocm&#233; (&lt;a href=&#034;https://poezibao.typepad.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Poezibao&lt;/a&gt;) et &lt;a href=&#034;http://martinwinckler.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Martin Winckler&lt;/a&gt; (mais je suivais surtout ses feuilletons par mail, au d&#233;but des ann&#233;es 2000). En mettant de c&#244;t&#233; les auteurs qui n'avaient pas d'espace personnel mais une page sur &lt;a href=&#034;https://remue.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;remue.net&lt;/a&gt; et ceux dont le blog ou site a disparu (remplac&#233; parfois par un autre blog ou un site, mais pas toujours), le r&#233;sultat est un peu maigre, en ce qui concerne ma vie de lectrice web d'alors. Autant il y avait d&#233;j&#224; mention de nombreux auteurs disponibles en librairie (m&#234;me si leur pr&#233;sence en ligne n'&#233;tait pas forc&#233;ment de leur fait), autant des milliers de pages web ont litt&#233;ralement disparu.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Je d&#233;couvre qu'&lt;i&gt;Abondance&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Lunettes rouges&lt;/i&gt;, deux sites de r&#233;f&#233;rence, entre autres, n'existent plus. Je m'aper&#231;ois que j'ai oubli&#233; &lt;a href=&#034;https://aldus2006.typepad.fr/mon_weblog/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Aldus&lt;/a&gt;, le blog du livre num&#233;rique de Herv&#233; Bienvault, alors qu'il le tient toujours. &#201;crire ce texte, c'est d&#233;j&#224; faire un peu d'arch&#233;ologie, proc&#233;der &#224; des fouilles, celui d'un monde enfoui sous les strates de mises &#224; jour (quel paradoxe), couches s&#233;dimentaires o&#249; chaque &#233;l&#233;ment en convoquerait un autre, pr&#233;sent ou en creux.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_767 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.annesavelli.fr/IMG/png/screenshot_2019-10-19_remue_net.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.annesavelli.fr/IMG/png/screenshot_2019-10-19_remue_net.png?1607945232' width='500' height='224' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(remue.net en 2019)&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Apr&#232;s remue.net et le Labyrinthe, pour en revenir aux passeurs, &#224; la fin des ann&#233;es 2000 j'ai d&#233;couvert le site de Pierre M&#233;nard, avec lequel j'ai nou&#233; plus d'un lien ; celui de Brigitte C&#233;lerier, surnomm&#233;e &#034;la vigie&#034;, et qui scanne toujours le web litt&#233;raire ; celui de Maryse Hache, qui rebondissait sur les textes des autres pour en faire des po&#232;mes ; Francis Royo, dont je suivais la pr&#233;sence discr&#232;te sur Facebook ou Twitter ; ou encore Christophe Grossi, alors libraire &#034;virtuel&#034; pour la plateforme d&#233;di&#233;e &#224; ses confr&#232;res &#034;physiques&#034; &lt;a href=&#034;https://www.epagine.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ePagine&lt;/a&gt;, pr&#233;sent &#224; une &#233;poque o&#249; les conseils de lecture en ligne par des professionnels &#233;taient rares. Ces passeurs &#233;taient &#233;galement &#233;crivains, jonglaient avec plusieurs casquettes.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Maryse et Francis ont disparu depuis, et c'est gr&#226;ce &#224; Joachim S&#233;n&#233; que certains de leurs textes sont toujours en ligne : voir, sur son site relire.net, &lt;a href=&#034;http://relire.net/semenoir/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la page de Maryse Hache&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;http://relire.net/analogos/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;celle de Francis Royo&lt;/a&gt; ou encore &lt;a href=&#034;http://relire.net/lettre-de-la-magdelaine/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;celle de Ronald Klapka&lt;/a&gt;. Sans Joachim, comment y aurait-on acc&#232;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Christophe Grossi m'a appris, lui, r&#233;cemment, que toutes ses pr&#233;sentations de livres avaient &#233;t&#233; effac&#233;es du site ePagine. Comment en retrouver trace aujourd'hui ? Francis Royo y avait consacr&#233; un article mais ses &lt;i&gt;Carnets d'outre-web&lt;/i&gt;, comme tous les blogs du Monde, ne pr&#233;sentent plus qu'une page blanche dont &lt;a href=&#034;http://carnetsdoutreweb.blog.lemonde.fr/2012/08/02/le-beau-travail-de-christophe-grossi-sur-epagine/#xtor=RSS-32280322&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;seule l'URL&lt;/a&gt; dit encore quelque chose. Il faut se rendre en Belgique pour se faire une id&#233;e du libraire d'ePagine que fut Christophe, gr&#226;ce &#224; une &lt;a href=&#034;https://www.lettresnumeriques.be/2012/07/12/epagine-au-service-des-libraires/#.UAKDj17-dw4.twitter&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;interview&lt;/a&gt; des &lt;i&gt;Lettres num&#233;riques&lt;/i&gt;. Mais sinon ? En fait, c'est parce qu'il est auteur qu'il a encore une &lt;a href=&#034;https://www.epagine.fr/listeliv.php?form_recherche_avancee=ok&amp;base=ebook&amp;auteurs=christophe+grossi&amp;auteurs1=christophe+grossi&amp;dispo=1%2C2&amp;select_tri_recherche=pertinence&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;place&lt;/a&gt; sur le site de son ancien employeur alors que ses chroniques, tr&#232;s travaill&#233;es, et ce qu'il &#233;crivait sur son &lt;a href=&#034;http://deboitements.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site personnel&lt;/a&gt; pouvaient, d'une certaine fa&#231;on, former un m&#234;me corpus, ou du moins faire passerelle.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Tout &#231;a tient du vertige et montre bien comment depuis le d&#233;but il nous faut tracer plus d'une route, lecteurs, auteurs, sous peine d'&#234;tre engloutis &#224; la fois par la masse et la disparition. On r&#233;pondra qu'il en est de m&#234;me avec les m&#233;diath&#232;ques et c'est vrai : elles d&#233;sherbent vite, elles aussi (sans parler des librairies).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Place, place !&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;&lt;i&gt;(Nos &#238;les num&#233;riques ne seraient-elles pas faites de nos pas crois&#233;s, de nos points de rencontre, de nos &lt;a href=&#034;https://desordre.net/bloc/vie/reprise/horloge/les_sillons.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sillons&lt;/a&gt;, de nos allers-retours ?)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Je n'ai pas dit le quart de ce que je voulais &#233;crire. Je n'ai pas parl&#233; de tout ce que nous avons produit ensemble et s&#233;par&#233;ment, auteurs, lecteurs, cr&#233;ateurs de sites, musiciens, photographes, vid&#233;astes, plasticiens... La stimulation que c'&#233;tait mais aussi la fatigue, qu'on ne r&#233;alisait pas. Nous produisions sans cesse. Nous extirpions de nous-m&#234;mes des pens&#233;es et des &#233;motions que l'imm&#233;diatet&#233; de la publication et de la r&#233;ception rendait vibrantes et libres. Cette imm&#233;diatet&#233; nous semblait l&#233;g&#232;ret&#233;, loin de ce qui avait pr&#233;c&#233;d&#233; le num&#233;rique &#8212; la lourdeur de l'attente, de la hi&#233;rarchie, des autorisations, des simulacres de reconnaissance. Nous naviguions dans un puits sans fond, avions l'impression d'une corne d'abondance &#8212; j'id&#233;alise sans doute mais comme je me suis toujours tenue &#224; l'&#233;cart des querelles d'ego, des petits combats de coqs, c'est bien ainsi que je m'en souviens. Mais nos corps suivaient-ils ? Le pouvaient-ils ? Et ne vivions-nous pas en partie en vase clos tandis que nous inventions les &lt;a href=&#034;http://lerendezvousdesvasescommunicants.blogspot.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;vases communicants&lt;/a&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;&lt;i&gt; &lt;i&gt;(car au-del&#224;, a priori : un vide. Espace en trop petite expansion que cette cr&#233;ation rhizomique pour ne pas risquer l'&#233;puisement)&lt;/i&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Je n'ai plus le temps de d&#233;velopper si je ne veux pas rater la prochaine mise &#224; jour des &#238;les. Je ne veux pas faire trop long, non plus. Alors je copie-colle cet article dans mon traitement de textes pour ne pas risquer de le perdre et l'ajoute sur mon propre site. J'effectue le geste &#224; l'envers, &#224; l'endroit. Et je me prends &#224; r&#234;ver, encore, toujours et malgr&#233; tout, du livre que nous pourrions &#233;crire &#224; partir de nos textes situ&#233;s dans cette grande page, une fois le projet &#224; son terme. Dans mon esprit, au moment o&#249; je tape ces mots, ce livre pourrait ressembler au calligramme d'Apollinaire : une &#238;le solaire, en quelque sorte.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'aventure moderne #4 : la m&#233;canique</title>
		<link>https://www.annesavelli.fr/textes-en-acces-libre/article/l-aventure-moderne-4-la-mecanique</link>
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		<dc:date>2020-12-07T16:45:54Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne Savelli</dc:creator>


		<dc:subject>vie professionnelle</dc:subject>
		<dc:subject>feuilleton/s&#233;rie</dc:subject>
		<dc:subject>travail</dc:subject>
		<dc:subject>aventure moderne</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Quand le premier emploi est celui d'un robot.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/textes-en-acces-libre/" rel="directory"&gt;Textes en acc&#232;s libre&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/vie-professionnelle" rel="tag"&gt;vie professionnelle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/feuilleton-serie" rel="tag"&gt;feuilleton/s&#233;rie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/travail" rel="tag"&gt;travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/aventure-moderne" rel="tag"&gt;aventure moderne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p align=justify&gt;Je crois toujours que &#171; l'aventure moderne &#187; a commenc&#233; &#224; un moment pr&#233;cis que je saurais situer : il y a deux ans et demi, quand sont apparus les premiers signes du burn-out. Ou non, plut&#244;t en l'an 2000, quand je travaillais en start-up. Sauf que, c'&#233;tait plus t&#244;t, encore, viennent me sugg&#233;rer les photos de Joachim choisies pour illustrer le diaporama du prochain volet de notre enqu&#234;te, &lt;a href=&#034;https://www.lairnu.net/ilots/enquete/premiers-changements/article/deuxieme-episode-les-premiers-changements&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Qu'est-ce que la connexion a chang&#233; dans votre vie, au d&#233;but ? &#187;&lt;/a&gt;. Pour accompagner la pr&#233;sentation, il d&#233;cide de montrer de vieilles encyclop&#233;dies, des Guides des inventions qui nous feraient sourire et des dictionnaires d&#233;fra&#238;chis : du pr&#233;-Wikip&#233;dia, en somme.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Tout a commenc&#233; au d&#233;but des ann&#233;es 90, au printemps 1992, je crois. J'avais r&#233;pondu &#224; une annonce &#233;nigmatique publi&#233;e dans Le Figaro. Une soci&#233;t&#233; &#8211; on ne savait pas qui &#8211; cherchait des &#233;tudiants pour des travaux de bureau. Le journal ferait suivre les candidatures. Lettre de motivation manuscrite de rigueur, CV tap&#233; &#224; la machine, le tout envoy&#233; par la poste avant de guetter le facteur qui ne dirait qu'une fois par jour, six matin&#233;es par semaine, si une r&#233;ponse pouvait venir. Le reste du temps : rien. Rien d'autre &#224; faire qu'attendre dans un l&#226;cher-prise impossible puisque rien ne pouvait pallier le vide de la bo&#238;te aux lettres, ni mails re&#231;us par dizaines, ni offres similaires auxquelles postuler d'un clic en oubliant, l'instant d'apr&#232;s, ce geste.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;La r&#233;ponse finit par venir et je fus prise, sur-sur-dipl&#244;m&#233;e pour le poste et surtout dans des conditions honteuses, en CDD mais sans contrat pour ne pas avoir &#224; me verser de prime de pr&#233;carit&#233;. Je n'y connaissais rien, c'&#233;tait mon premier &#171; vrai travail &#187;, &#171; dans le milieu de l'&#233;dition &#187;, qui plus est : j'acceptai. C'est ainsi qu'un matin je me suis retrouv&#233;e &#224; Saint-Germain-des-Pr&#233;s dans des locaux immenses faits de toutes petites pi&#232;ces (les bureaux des employ&#233;s) et d'un peu plus grandes (ceux de leurs sup&#233;rieurs hi&#233;rarchiques) ; de pi&#232;ces, surtout, remplies de livres qui prenaient la place des humains.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Je m'&#233;tonne aujourd'hui de ne plus me rappeler le temps exact pass&#233; dans ces locaux dont un journal m'apprend qu'ils faisaient 800 m&#232;tres carr&#233;s &#8211; deux ou trois mois, sans doute. &#192; l'&#233;poque, chaque minute pesait une &#233;ternit&#233;. Chaque jour, j'avais l'impression que le travail mangeait ma vie et ma jeunesse. C'&#233;tait Chronos qui me bouffait toute crue.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Il s'agissait de travailler pour la plus c&#233;l&#232;bre des encyclop&#233;dies en un volume, paraissant chaque ann&#233;e et qui promettait au lecteur de lui apprendre &#171; tout sur tout &#187;. Dans mes souvenirs, ce qui revient, ce sont les kilom&#232;tres d'&#233;tag&#232;res poussi&#233;reuses bourr&#233;es &#224; craquer de papiers, de volumes qui prenaient des salles enti&#232;res o&#249; on ne faisait que se faufiler ; les fen&#234;tres crasseuses donnant sur la rue ; les employ&#233;s en CDI, issus de la noblesse comme le ma&#238;tre des lieux et dont seuls les hommes passaient cadres. Bien entendu, ni cantine ni tickets resto. Avec ma coll&#232;gue du m&#234;me &#226;ge, nous descendions le midi avec nos tupperwares frissonner sur un banc face &#224; un magasin de parapluies ou, rarement, d&#233;jeunions au caf&#233;. Les jours f&#233;ri&#233;s, nous ne travaillions pas mais n'&#233;tions pas pay&#233;es &#8211; du tout. &lt;br class='autobr' /&gt;
(quand j'y pense...)&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Notre t&#226;che, c'&#233;tait de mettre &#224; jour le travail de ceux qui nous avaient pr&#233;c&#233;d&#233;s, certainement &#233;t&#233; remerci&#233;s neuf mois plus t&#244;t sans la prime eux non plus, puisque selon l'id&#233;e du patron, tout cela s'assimilait &#224; la cueillette des fraises : c'&#233;tait saisonnier. Il fallait v&#233;rifier les occurrences de chaque mot de l'index dans la nouvelle version de l'encyclop&#233;die, pointer le num&#233;ro de page et chasser les doublons &#8211; ce qui demandait bien bac + 5, n'est-ce pas ? Mais, et c'&#233;tait une nouveaut&#233; (r&#233;volution dans la maison), il fallait aussi saisir les donn&#233;es corrig&#233;es dans les colonnes sans fin (d&#233;but du scroll ? Peut-&#234;tre) d'un logiciel cr&#233;&#233; pour l'occasion. L&#224; se situe le sel de l'histoire, si on peut dire : le cr&#233;ateur de l'encyclop&#233;die n'ayant aucune confiance dans les ordinateurs &#8211; ce qui a d'ailleurs caus&#233; sa perte &#8211; il nous &#233;tait demand&#233; de reporter chaque op&#233;ration sur une version papier qui n'&#233;tait autre que l'impression de ce que nous voyions sur l'&#233;cran. Autrement dit, et j'avais calcul&#233; pour comprendre pourquoi je me sentais tellement an&#233;antie, d&#233;vor&#233;e du matin au soir, chaque jour nous faisons 8000 op&#233;rations de v&#233;rification, ou plus exactement deux fois les m&#234;mes 4000. Je me souviens de la r&#233;action de ma psychanalyste &#224; ce sujet &#8211; raison pour laquelle, sans doute, je crois me rappeler ces chiffres.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Un ch&#226;telain, ses vassaux, ses sbires. &#201;crivant cela, je comprends soudain pourquoi, &#224; la fin de mes &#233;tudes, le milieu professionnel de l'&#233;dition, son organisation, ses hi&#233;rarchies, ses violences souterraines ont commenc&#233; &#224; me rebuter. Nous &#233;tions de petits robots, tournant la t&#234;te de gauche &#224; droite des milliers de fois dans la journ&#233;e, passant de l'&#233;cran au papier, du papier &#224; l'&#233;cran dans le bureau crasseux. Cet index, c'&#233;tait le tr&#233;sor de l'encyclop&#233;die, disait le patron aux journalistes : sans lui, rien ne tiendrait. J'ai toujours aim&#233; les index, on en trouve dans plusieurs de mes livres, il fallait y veiller, je le comprends. Cependant, au fil des jours, les petits robots que nous &#233;tions, ma coll&#232;gue et moi, d&#233;couvrions que les centaines de pages qu'il r&#233;f&#233;ren&#231;ait contenaient de fausses statistiques &#224; cause de calculs erron&#233;s sur la croissance, ou d&#233;croissance, de l'industrie de tel pays, effectu&#233;s par dessus la jambe parce que certaines donn&#233;es manquaient et qu'il fallait, co&#251;te que co&#251;te, &lt;i&gt;actualiser &lt;/i&gt; l'encadr&#233;. La rumeur, v&#233;rifi&#233;e, courait de salle en salle. On s'offusquait, allait voir un plus haut plac&#233; : rien ne changeait. Que faire de plus ? Rien. Ce n'&#233;tait pas ce qu'on nous demandait.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Il y eut pire. En 2001, scandale dont je n'ai pas eu connaissance &#224; l'&#233;poque et qui, semble-t-il, avait commenc&#233; &#224; germer deux ans apr&#232;s mon d&#233;part, l'encyclop&#233;die fut poursuivie pour complaisance face aux th&#232;ses n&#233;gationnistes, avec reprise de chiffres falsifi&#233;s des Juifs morts &#224; Auschwitz, directement calqu&#233;s sur ceux de Faurisson, chiffres qu'elle mit &lt;a href=&#034;https://phdn.org/negation/quid/encart.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;bien du temps&lt;/a&gt; &#224; supprimer.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;(est-ce que je m'&#233;gare ? Suis-je vraiment hors sujet ? Combien de temps aurait tenu sur Wikip&#233;dia la r&#233;v&#233;rence envers Faurisson et consorts constat&#233;e dans les articles ?)&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;En 2000, huit ans apr&#232;s cette premi&#232;re exp&#233;rience, je cherchais du travail et, loyer, enfant, nourrice, bref c'&#233;tait tr&#232;s urgent. Pendant que se poursuivaient les tests de recrutement de la start-up am&#233;ricaine qui allait m'employer, j'ai pass&#233; un entretien d'embauche pour un emploi similaire. L&#224; encore, il s'agissait d'une soci&#233;t&#233; &#233;trang&#232;re qui voulait s'&#233;tablir en France. Moins bien pay&#233;, moins bien situ&#233;, 39 heures par semaine au lieu des 35 de rigueur depuis peu... Surtout, le recruteur &#233;tait l'un de ces anciens cadres de l'encyclop&#233;die, qu'il avait donc quitt&#233;e mais dont il avait vu la mention sur mon CV, ce l'avait d&#233;cid&#233; &#224; m'appeler, me dit-il en entretien. Quelques jours plus tard, alors que je n'avais toujours pas la r&#233;ponse de la start-up am&#233;ricaine, j'ai dit non quand lui me disait oui.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;J'ai refus&#233; au t&#233;l&#233;phone, dans une sorte de vertige &#8212; et l'immense soulagement quand le &lt;i&gt;yes&lt;/i&gt; est venu par mail des US, me d&#233;livrant de cette peur d'avoir &#233;t&#233; trop optimiste, de m'&#234;tre fait confiance, d'avoir pr&#233;jug&#233; de l'avenir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques mois plus tard, lors d'une veille sur les journaux en ligne, j'ai d&#233;couvert que la soci&#233;t&#233; dont cet homme &#233;tait charg&#233; de d&#233;velopper la branche fran&#231;aise &#233;tait &#8212; d&#233;j&#224; &#8212; en conflit avec ses employ&#233;s, qu'elle souhaitait licencier. N'ayant eu d'autre choix que d'occuper les lieux et de dormir sur place, les r&#233;dacteurs venaient de se faire d&#233;gager, manu militari, par la police appel&#233;e en renfort.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;L'article est introuvable de nos jours sur le web. Il m'en reste la m&#233;moire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'aventure moderne #3 : l'interruption</title>
		<link>https://www.annesavelli.fr/textes-en-acces-libre/article/l-aventure-moderne-3-l-interruption</link>
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		<dc:date>2020-11-16T09:38:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne Savelli</dc:creator>


		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>vie professionnelle</dc:subject>
		<dc:subject>informatique</dc:subject>
		<dc:subject>Fen&#234;tres open space</dc:subject>
		<dc:subject>feuilleton/s&#233;rie</dc:subject>
		<dc:subject>travail</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La vie en start-up de l'an 2000, suite : apparition du travail qui se d&#233;truit (de) lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/textes-en-acces-libre/" rel="directory"&gt;Textes en acc&#232;s libre&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/vie-professionnelle" rel="tag"&gt;vie professionnelle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/informatique" rel="tag"&gt;informatique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/fenetres-open-space" rel="tag"&gt;Fen&#234;tres open space&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/feuilleton-serie" rel="tag"&gt;feuilleton/s&#233;rie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/travail" rel="tag"&gt;travail&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_755 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.annesavelli.fr/IMG/jpg/14_fevrier_beaux_quartiers_tour_eiffel.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.annesavelli.fr/IMG/jpg/14_fevrier_beaux_quartiers_tour_eiffel.jpg?1605519616' width='500' height='332' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p align=justify&gt;En 2000, nous &#233;tions une trentaine &#224; travailler pour cette start-up am&#233;ricaine pr&#232;s des Champs-&#201;lys&#233;es, riv&#233;s &#224; nos ordinateurs. Scanner le Web &#224; longueur de journ&#233;e pour d&#233;nicher les meilleurs sites, en produire des r&#233;sum&#233;s, les ranger dans des cat&#233;gories d'annuaire dont il fallait, par la m&#234;me occasion, d&#233;velopper l'arborescence : on nous surnommait &lt;i&gt;les joyaux de la couronne&lt;/i&gt;, ceux qui donnaient sa valeur au produit.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Pas le temps, bien s&#251;r, de s'attarder, de d&#233;river plus de quelques minutes sur un site au contenu qui pourrait nous int&#233;resser puisque nous &#233;tions chaque jour soumis au nombre de r&#233;sum&#233;s &#224; entrer dans la base, nombre susceptible de varier, nous avait-on pr&#233;venu. Jamais il ne fut plus &#233;lev&#233; que le maximum attendu. Jamais nous ne d&#251;mes travailler douze heures de suite, par exemple &#8211; nous savions, &#224; l'embauche, que ce serait possible. Mais le travail de recherche, de surf d'une page &#224; l'autre, de passage en revue des sites de r&#233;f&#233;rence dont il fallait extirper les listes de liens (cliquer, v&#233;rifier, choisir, r&#233;diger) se suffisait &#224; lui-m&#234;me. Habitu&#233;s &#224; lever le camp d&#232;s que nous avions boucl&#233; les 45 r&#233;sum&#233;s, nous tra&#238;nions rarement. La vitesse de r&#233;action faisait partie des qualit&#233;s qu'on attendait de nous lors du processus de recrutement (test &#233;crit / entretien en fran&#231;ais / entretien en anglais /ouf). C'&#233;tait valable aussi lorsqu'il s'agissait de quitter les lieux. Une fois la porte de l'immeuble ann&#233;es 30 ferm&#233;e, c'&#233;tait fini : le travail restait dans les murs, on ne l'emportait pas avec soi.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Arriva cette nouveaut&#233; : &#171; Checkez vos mails ! &#187;. &#171; N'oubliez pas de checker vos mails ! &#187;, une demande r&#233;p&#233;t&#233;e de plus en plus souvent, &#224; voix haute, en passant une t&#234;te, par notre responsable fran&#231;aise. Nous travaillions &#224; trois ou quatre dans de petits bureaux, tous facilement accessibles. La salle de r&#233;union, la cuisine &#233;taient &#224; deux pas. Pourtant, il fallait &#171; checker ses mails &#187; pour savoir, &#224; la seconde, ce que la direction voulait. Nous n'avions pas, alors, le r&#233;flexe d'ouvrir la bo&#238;te de r&#233;ception cinquante fois par heure. Nous nous contentions de surfer. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait l'&#233;poque de &lt;i&gt;99 francs&lt;/i&gt; de Fr&#233;d&#233;ric Beigbeder, qui racontait comment, publicitaire, il &#233;crivait son livre au lieu de travailler pour se faire virer de son boulot.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait celle de l'essai &lt;i&gt;Les Intellos pr&#233;caires&lt;/i&gt;, que nous avions tous lu, nous pour qui ce CDI en start-up &#233;tait souvent le premier (ce fut d'ailleurs le seul, en ce qui me concerne).&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Ce serait, quelques ann&#233;es plus tard, celle de &lt;i&gt;L'Open space m'a tuer&lt;/i&gt;, premier des ouvrages grand public sur le burn-out num&#233;rique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avions constitu&#233; une petite biblioth&#232;que en compilant les ch&#232;ques cadeaux de la Fnac qu'on nous avait donn&#233;s, ce qui g&#234;nait la direction. Je ne sais plus pour quelle raison juridique mais les petits bonus qu'elles nous octroyait par moments devaient, par obligation, s'&#233;vaporer dans la nature : gourmandises aval&#233;es, fleurs fan&#233;es, il ne fallait pas capitaliser autre chose que des kilos &#224; perdre. Des livres, c'&#233;tait d&#233;j&#224; trop.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous pr&#233;f&#233;rions lire sans nous arr&#234;ter plut&#244;t que checker nos mails. De l&#224; venait notre culture. Nous avions encore les nerfs, la concentration de le faire.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Un jour d&#233;barqu&#232;rent de nouveaux venus, des commerciaux &#8211; uniquement des hommes &#8211; charg&#233;s de rentabiliser l'annuaire, de lui ajouter une valeur marchande dont visiblement il manquait. Comme un immeuble parisien, il fallait d&#233;sormais le vendre &#224; la d&#233;coupe, le tron&#231;onner en petits morceaux pour que chaque r&#233;sum&#233; puisse &#234;tre, non plus &#233;crit en fonction de la qualit&#233; des sites que nous avions &#233;lus, mais r&#233;dig&#233; afin de mettre en avant ceux qui nous payeraient pour le faire : des clients soucieux de voir remonter, contre r&#233;mun&#233;ration, leurs pages web dans les cat&#233;gories de l'annuaire.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Ces commerciaux se mirent rapidement &#224; nous regarder de haut, nous les litt&#233;raires, les scientifiques, les artistes. Le m&#233;pris &#233;tait r&#233;ciproque. D'ailleurs, ils ne me reviennent que maintenant, ces types &#224; chemisettes qui croyaient que les femmes de l'&#233;quipe se jetaient sur les magazines f&#233;minins (perdu) et qui, si le bureau parisien n'avait pas ferm&#233;, auraient certainement tent&#233; de prendre le contr&#244;le. Ils s'imaginaient que nous allions g&#233;rer pour eux le caf&#233; de la cuisine et les petits g&#226;teaux : ils se trompaient (c'&#233;tait peut-&#234;tre avant leur arriv&#233;e furtive mais je me souviens d'un voyage &#224; la mer qui fut envisag&#233; pour f&#233;d&#233;rer l'&#233;quipe. Simplement, elle commen&#231;ait &#224; s'en foutre, l'&#233;quipe, elle aurait pr&#233;f&#233;r&#233; de l'argent &#224; d&#233;penser comme elle voulait plut&#244;t que d'&#234;tre soud&#233;e par un voyage en bus).&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Dans la bo&#238;te mail, apr&#232;s les bonnes surprises (&#171; rendez-vous dans le salon pour une d&#233;gustation ! &#187;) arrivaient maintenant les convocations pour des entretiens pr&#233;alables aux licenciements. On ne pouvait pas leur r&#233;pondre : on ne savait pas qui, de San Francisco, d'Amsterdam ou de Londres, nous les envoyait &#8211; qui &#233;tait notre chef, en r&#233;alit&#233;. Chaque ville se renvoyait la balle. Il y eut une premi&#232;re vague de d&#233;parts. Nous fumes moins nombreux dans les beaux locaux ann&#233;es 30. Chacun r&#233;cup&#233;rait le travail d'un joyau disparu. L'annuaire devenait fant&#244;me. Quel int&#233;r&#234;t de checker ses mails ?&lt;/p&gt;
&lt;p align=center&gt;*&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Ce texte fait partie du projet &lt;i&gt;Nos &#238;les num&#233;riques&lt;/i&gt; de L'aiR Nu. Il s'inscrit deux fois par mois dans &lt;a href=&#034;https://www.lairnu.net/ilots/oeuvre-en-cours/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la grande page navigable&lt;/a&gt; du site.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'aventure moderne #2 : la chute</title>
		<link>https://www.annesavelli.fr/textes-en-acces-libre/article/l-aventure-moderne-2-la-chute</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.annesavelli.fr/textes-en-acces-libre/article/l-aventure-moderne-2-la-chute</guid>
		<dc:date>2020-11-01T08:36:18Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne Savelli</dc:creator>


		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>informatique</dc:subject>
		<dc:subject>Fen&#234;tres open space</dc:subject>
		<dc:subject>travail</dc:subject>
		<dc:subject>aventure moderne</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Apr&#232;s l'oscillation, la chute - mais ce n'est pas celle qu'on croit.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/textes-en-acces-libre/" rel="directory"&gt;Textes en acc&#232;s libre&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/informatique" rel="tag"&gt;informatique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/fenetres-open-space" rel="tag"&gt;Fen&#234;tres open space&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/travail" rel="tag"&gt;travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/aventure-moderne" rel="tag"&gt;aventure moderne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/c2PWTyo3CA8&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;p align=justify&gt;Tout a commenc&#233; peut-&#234;tre vingt ans plus t&#244;t. Je travaillais alors pour la filiale franco-britannique d'une start-up am&#233;ricaine qui n'en &#233;tait pas une, enfin, pas exactement : con&#231;ue en Australie, d&#233;velopp&#233;e &#224; San Francisco, elle avait ouvert des bureaux &#224; Paris g&#233;r&#233;s &#224; Amsterdam &#8211; ou &#224; Londres, je n'ai jamais bien su. Une entreprise qui n'avait rien d'une &#171; jeune pousse &#187; mont&#233;e &#224; trois dans un garage de banlieue (tel devait &#234;tre, pourtant, le storytelling d'origine, j'avoue que je ne m'en souviens pas) : les locaux avaient &#233;t&#233; lou&#233;s dans un immeuble ann&#233;es 30 pr&#232;s des Champs-&#201;lys&#233;es et quand les patrons am&#233;ricains d&#233;barquaient (je me rappelle un type d'une vingtaine d'ann&#233;es en surpoids, T-shirt et casquette, comme de juste), c'&#233;tait pour se plaindre des l'&#233;troitesse des lits du Royal Monceau, le palace situ&#233; &#224; c&#244;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;C'est l&#224; que j'ai appris les expressions &lt;i&gt;open space&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;marque blanche&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;joint-venture&lt;/i&gt; (union de deux entreprises dans un but commun, ce que nous formions avec British Telecom, prononcez Bi-Ti, afin de cr&#233;er le meilleur annuaire internet du monde). On disait &lt;i&gt;dot com&lt;/i&gt; et non pas &lt;i&gt;point com&lt;/i&gt; pour parler de l'extension d'une URL. Les horaires &#233;taient variables en fonction du travail &#224; fournir et de nos modes de vie. Nous &#233;tions pay&#233;s &#224; l'heure mais nous travaillions &#224; la t&#226;che : sit&#244;t boucl&#233;s l'exploration du web et les 45 r&#233;sum&#233;s de sites web &#224; r&#233;diger pour nourrir l'annuaire, chacun pouvait partir sans demander son reste. Certains arrivaient &#224; 7h, d'autres &#224; 11. Certains restaient tard, d'autres rentraient chez eux dans le milieu de l'apr&#232;s-midi. La direction savait que nous avions une vie &#224; c&#244;t&#233;. C'&#233;tait m&#234;me la raison pour laquelle nous avions &#233;t&#233; embauch&#233;s, surdipl&#244;m&#233;s pour un travail un peu d&#233;bile. Dans notre seconde vie, nous dansions, jouions de la musique, &#233;crivions, participions &#224; des colloques. Chaque mercredi, une masseuse japonaise montait dans les bureaux, s'occupait de nos &#233;paules. Quand nous avions bien travaill&#233;, la direction de Paris nous offrait des fleurs, des p&#226;tisseries. On nous parlait de stock-options, l&#224; aussi un terme nouveau. C'&#233;tait &lt;i&gt;cool&lt;/i&gt;. Il fut m&#234;me question d'une formation &#224; San Francisco. Nous aurions pris l'avion ensemble, nous commencions &#224; y r&#234;ver. Et puis un mardi, ce fut la chute. Chute des cours de la bourse, que nous d&#233;couvrions en direct sur Google (ce Google qui allait nous manger tout cru), r&#233;unis devant le m&#234;me &#233;cran ; chute que, sur le moment, nous n'avons pas su &#224; quoi attribuer avant d'apprendre, en d&#233;but de soir&#233;e, qu'elle &#233;tait corr&#233;l&#233;e &#224; celle des tours de Manhattan.&lt;/p&gt;
&lt;p align=center&gt;*&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;(vid&#233;o : la partie a&#233;rienne du trajet menant de chez moi aux locaux de la start-up en question en 2000-2001, film&#233;e avec une petite cam&#233;ra num&#233;rique d'emprunt six ans plus tard, trajet durant lequel j'ai &#233;crit &#8212; dans un carnet que j'emportais chaque jour &#8212; mon premier livre paru : &lt;a href=&#034;https://lemotetlereste.com/litteratures/fenetres/index.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Fen&#234;tres open space&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, sorti en 2007)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'aventure moderne #1 : l'oscillation</title>
		<link>https://www.annesavelli.fr/textes-en-acces-libre/article/l-aventure-moderne-1-l-oscillation</link>
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		<dc:date>2020-10-21T09:47:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne Savelli</dc:creator>


		<dc:subject>Agn&#232;s Varda</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>L'aiR Nu</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Premier &#233;pisode du texte &#233;crit pour le projet de L'aiR Nu, Nos &#238;les num&#233;riques.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/textes-en-acces-libre/" rel="directory"&gt;Textes en acc&#232;s libre&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/l-air-nu" rel="tag"&gt;L'aiR Nu&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_741 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.annesavelli.fr/IMG/jpg/cabane_du_bonheur_entree.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.annesavelli.fr/IMG/jpg/cabane_du_bonheur_entree.jpg?1603273426' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p align=justify&gt;Tout a commenc&#233; par une vibration, un tremblement qui apparaissait d&#232;s que je me mettais en route, me donnait l'impression de m'enfoncer dans le sol. Sur la place du Colonel Fabien, devant le kiosque &#224; journaux, la semi boule blanche du si&#232;ge du Parti communiste se d&#233;formait derri&#232;re les barreaux de sa grille. Pr&#232;s de la bouche du m&#233;tro, le trottoir s'amollissait, la chauss&#233;e devenait liquide. Surdimensionn&#233;e, la colonne Morris penchait par intermittences, prenait de plus en plus de place. Ses affiches pour des films, des pi&#232;ces que je n'irais pas voir colonisaient le ciel. Je tournais la t&#234;te, j'entendais : Je suis le marteau, toi le clou. J'essayais de ne pas &#233;couter, de redresser le paysage. Mais tout m'&#233;blouissait. L'oscillation ne me quittait plus. J'oscillais d&#232;s que je me retrouvais dehors, d&#232;s que je marchais, d&#232;s que je me mettais debout. J'oscillais dans le couloir, dans la chambre, devant mon lit. Par mail, le m&#233;decin me dit : Arr&#234;tez-tout. Vous allez vous casser une jambe.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Tout a commenc&#233; bien avant. Un an et demi plus t&#244;t, &#224; Paris, rue de la Verrerie, je suis tomb&#233;e en franchissant un passage pi&#233;ton, me suis ouvert le genou alors que je me rendais dans une galerie d'art pour voir une &lt;a href=&#034;https://www.nathalieobadia.com/show.php?show_id=3604&amp;showpress=1&amp;language=2&amp;p=1&amp;g=3&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;exposition&lt;/a&gt; d'Agn&#232;s Varda, pr&#233;sente ce jour-l&#224; et &#224; qui j'esp&#233;rais parler malgr&#233; une fatigue d&#233;j&#224; forte. Il faisait beau, j'&#233;tais en jupe, jambes nues. Je n'ai pas &#233;cout&#233; le pr&#233;sage, suis entr&#233;e dans une pharmacie, suis ressortie avec un pansement et n'ai pas rebrouss&#233; chemin. Dans la galerie &#233;tait pr&#233;sent&#233;e une cabane de pellicule, une installation faite, non pas de chutes, mais des bobines d&#233;roul&#233;es d'une copie de film, un 35 millim&#232;tres devenu inutile depuis le num&#233;rique, recycl&#233; en cocon, en maison a&#233;r&#233;e. Je l'ai travers&#233;e plusieurs fois puis je me suis assise. J'ai observ&#233; les visiteurs. Quelques uns s'exhibaient un peu, parlaient fort, attendant de voir l'artiste.&lt;br class='autobr' /&gt;
Orn&#233;e de tournesols, cette cabane s'appelait &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=T-remKg8xXM&amp;feature=youtu.be&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;La serre du Bonheur&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Je vois encore les murs et les deux pans de toit, noirs de loin : mille arr&#234;ts sur image. Je n'ai pas abord&#233; Varda, ni seule ni entour&#233;e : m&#234;me sans pansement sur le genou, il &#233;tait trop tard pour oser.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Songe &#224; la douceur</title>
		<link>https://www.annesavelli.fr/textes-en-acces-libre/article/songe-a-la-douceur</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.annesavelli.fr/textes-en-acces-libre/article/songe-a-la-douceur</guid>
		<dc:date>2020-10-14T15:10:34Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne Savelli</dc:creator>


		<dc:subject>fraternit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>sororit&#233;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Version int&#233;grale d'un texte &#233;crit pour le Livre de l'Acad&#233;mie de Cr&#233;teil, destin&#233; &#224; la classe de sixi&#232;me B du coll&#232;ge Paul Eluard de Bonneuil-sur-Marne et &#224; leur professeur, Monsieur Abdelaziz Ait Youssef.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/sororite" rel="tag"&gt;sororit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_760 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.annesavelli.fr/IMG/jpg/la_revolution_ma_soeur-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.annesavelli.fr/IMG/jpg/la_revolution_ma_soeur-2.jpg?1606038935' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p align=justify&gt;&lt;i&gt;(un texte, je te le conseille, &#224; lire seul.e et ensemble, &#224; voix haute, &#224; voix basse, comme &#231;a, juste pour voir, en r&#233;fl&#233;chissant &#224; ce qui se passe, en &#233;changeant ses impressions)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Ce sera un texte simple &#8211; vraiment simple &#8211; &#233;crit &#224; partir d'une ponctuation particuli&#232;re &#8211; presque unique mais pas tout &#224; fait &#8211; tu vas voir pourquoi dans les secondes qui viennent &#8211; ponctuation emprunt&#233;e &#224; un &#233;crivain &#8211; &lt;a href=&#034;https://www.publie.net/livre/lhomme-heureux-joachim-sene/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Joachim S&#233;n&#233;&lt;/a&gt; &#8211; qui lui-m&#234;me l'a emprunt&#233;e &#224; un autre &#233;crivain &#8211; &lt;a href=&#034;http://www.diafragm.net/spip/spip.php?rubrique148&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;S&#233;bastien M&#233;nard&lt;/a&gt; &#8211; consistant &#224; n'employer pour rythmer ses phrases que cette sorte de trait appel&#233; &lt;i&gt;tiret cadratin&lt;/i&gt;, obtenu sur un clavier par deux traits d'union comme ceux-ci : - - qui se suivent et que la barre d'espace r&#233;unit : &#8211;&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;tiret cadratin dont on se sert a priori quand on veut &#233;crire des dialogues :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; Bonjour, madame.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; Bonjour, monsieur.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;ou former une parenth&#232;se plus chic que la parenth&#232;se classique &#8211; disons plus litt&#233;raire &#8211; comme cela &#8211; fonctions auxquelles j'ajoute &#8211; parce que j'y pense soudain &#8211; la possibilit&#233; de faire des listes&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;l'usage du tiret cadratin pour relier entre elles des phrases &#8211; ou des fragments de phrases peut-&#234;tre &#8211; ne faisant que cela pendant un livre entier &#8211; n'est pas conventionnel &#8211; n'est pas &lt;i&gt;normal &lt;/i&gt; si tu pr&#233;f&#232;res &#8211; c'est une bizarrerie, autant le dire tout de suite &#8211; bizarrerie qui &#8211; du reste &#8211; je pense que tu t'en rends compte &#8211; d&#233;j&#224; &#8211; au bout de quelques lignes &#8211; consiste &#224; forcer le lecteur &#224; suivre un rythme impos&#233; par l'auteur &#8211; ou l'autrice &#8211; un rythme que le lecteur &#8211; la lectrice &#8211; ne pourront jamais modifier et voil&#224; qui est difficile &#224; avaler n'est-ce pas &#8211; difficile quels que soient l'&#226;ge et les habitudes du lecteur &#8211; ou de la lectrice &#8211; qu'il ou elle lise beaucoup ou non &#8211; il n'y a aucun complexe &#224; avoir l&#224;-dessus, sache-le, c'est pour tout le monde pareil &#8211; avec ce fichu tiret cadratin plac&#233; un peu partout on ne peut pas aller &#224; son propre rythme &#8211; et donc :&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;&#8211; soit le lecteur ou la lectrice, d&#233;rout&#233;.e par cette cadence &#8211; va abandonner &#8211; c'est le risque&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;&#8211; soit il ou elle s'accrochera et s'il ou elle le fait, sera &#8211; je te le dis moi qui ai lu le roman &#8211; &lt;i&gt;L'Homme heureux&lt;/i&gt; &#8211; r&#233;compens&#233;.e de son effort&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le mot effort ne me pla&#238;t pas trop, disons plut&#244;t : engagement&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, comprenant que cette ponctuation n'a rien d'un artifice mais permet au contraire de parler du sujet m&#234;me du livre &#8211; comment internet relie et s&#233;pare les &#234;tres humains&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;&#224; cet instant pr&#233;cis &#8211; stop &#8211; faisons une pause je te prie &#8211; tu te demandes sans doute quel rapport mon texte peut bien entretenir avec le th&#232;me qu'il est cens&#233; traiter &#8211; la fraternit&#233; / la sororit&#233; &#8211; je parierais m&#234;me que depuis un moment tu te dis quelque chose comme : &#171; mais qu'est-ce qu'elle raconte ? &#187; &#8211; cependant que ton &#339;il de lecteur ou de lectrice remarque &#8211; mine de rien &#8211; que je viens d'ajouter un nouveau signe de ponctuation &#8211; un slash comme ceci / entre les mots fraternit&#233; et sororit&#233; &#8211; si tu n'as pas vu remonte quelques lignes&lt;br class='autobr' /&gt;
il est &#233;galement possible qu'en toi, un peu plus t&#244;t, une lumi&#232;re se soit allum&#233;e &#8211; une de ces ampoules clignotantes, tu sais, un peu comme une alarme &#8211; quand tu as lu : &#171; comment internet relie et s&#233;pare les &#234;tres humains &#187; &#8211; quelque chose en toi, alors, s'est peut-&#234;tre dit : &#171; tiens, cette phrase ne rappellerait-elle pas la notion de fraternit&#233;, par hasard ? &#187; &#8211; eh bien, si c'est le cas, tant mieux &#8211; si ce n'est pas le cas, tant mieux aussi &#8211; ne t'inqui&#232;te pas, ce n'&#233;tait pas un test, &#231;a n'a pas d'importance &#8211; ce qui compte, c'est de voir maintenant ce que &#231;a donne &#8211; c'est de chercher &#224; comprendre ce que ces mots, &lt;i&gt;fraternit&#233;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;sororit&#233;&lt;/i&gt;, pourraient bien signifier pour nous &#8211; s'ils pourraient nous aider&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ainsi j'ai d&#233;cid&#233; de me servir de l'exemple de L'Homme heureux, de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#224; nous sentir mieux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;allons-y&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;commen&#231;ons m&#234;me &#8211; si tu es d'accord &#8211; par nous servir de notre ami / ennemi, le tiret cadratin pour bloquer le mot &lt;i&gt;fraternit&#233; &lt;/i&gt; et m&#234;me tant que nous y sommes, &lt;i&gt;Fraternit&#233; &lt;/i&gt; avec une majuscule &#8211; tu vas voir pourquoi tout de suite : &lt;br class='autobr' /&gt;
la &#8211; &lt;i&gt;Fraternit&#233; &lt;/i&gt; &#8211; avec une majuscule s'inscrit, comme chacun le sait, au sein de la devise de la R&#233;publique fran&#231;aise &#171; Libert&#233; &#201;galit&#233; Fraternit&#233; &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
bien&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;cette &lt;i&gt;Fraternit&#233; &lt;/i&gt; avec sa majuscule, coinc&#233;e &#224; la derni&#232;re place de la devise, est un mot qu'on peut lire au fronton des mairies, des &#233;coles, des h&#244;pitaux, des casernes de pompiers ou des biblioth&#232;ques &#8211; des b&#226;timents publics en g&#233;n&#233;ral &#8211; devise qu'on trouve &#233;galement sur les timbres, les billets de banque, les pi&#232;ces de monnaie &#8211; un mot qu'on lit chaque jour sans m&#234;me s'en rendre compte&lt;br class='autobr' /&gt;
une &lt;i&gt;Fraternit&#233; &lt;/i&gt; qui, comme &lt;i&gt;Libert&#233;&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;&#201;galit&#233;&lt;/i&gt;, si on r&#233;fl&#233;chit une seconde, concerne ainsi toutes sortes d'&#233;changes, dont l'&#233;ducation &#8211; le soin &#8211; la justice &#8211; la culture &#8211; le courrier &#8211; le commerce &#8211; le transport &#8211; le tourisme &#8211; le sport &#8211; ou encore, par esprit de rebond&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je cite ce qui me vient, n'h&#233;site pas &#224; en ajouter&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8211; la consommation &#8211; les imp&#244;ts &#8211; les routes &#8211; certaines usines &#8211; l'aviation &#8211; l'espionnage&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;les cartes postales envoy&#233;es en vacances&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;le regard &#224; la vitre lorsque le train d&#233;marre &#8211; puisqu'il y a une gare et un train&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;jusqu'&#224; l'air qu'on respire&lt;br class='autobr' /&gt;
mille choses qui nous concernent &#8211; de tr&#232;s pr&#232;s, tu vois bien&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;&#224; ce propos, justement, la &lt;i&gt;fraternit&#233; &lt;/i&gt; avec une minuscule nous concerne plus encore, je crois : si, gr&#226;ce &#224; nos tirets cadratins &#8211; d&#233;cid&#233;ment pratiques &#8211; nous &#233;tablissons maintenant une liste de ses d&#233;finitions, le champ de pens&#233;e s'&#233;largit encore&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;ainsi, &lt;i&gt;fraternit&#233; &lt;/i&gt; sans sa majuscule signifie, par ordre d'entr&#233;e dans le dictionnaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En tout cas pour le Centre National des Ressources Textuelles et Lexicales, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;le lien de parent&#233; qui unit des enfants issus de m&#234;mes parents&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;l'affection que se portent deux fr&#232;res / deux s&#339;urs / un fr&#232;re et une s&#339;ur&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;un lien &#233;troit d'amiti&#233; qui unit deux personnes qui ne sont ni fr&#232;res ni s&#339;urs&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;un sentiment de solidarit&#233; et d'amiti&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
et encore&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette fois dans le Larousse&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;un lien de solidarit&#233; qui devrait unir tous les membres de la famille humaine&lt;br class='autobr' /&gt;
le sentiment de ce lien&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;un lien qui existe entre les personnes appartenant &#224; la m&#234;me organisation, qui participent au m&#234;me id&#233;al&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;&#171; qui devrait &#187; &#8211; famille humaine &#8211; sentiment &#8211; id&#233;al... apr&#232;s tous ces d&#233;tours qui viennent de nous forcer &#224; marcher c&#244;te &#224; c&#244;te, toi et moi, &#224; lire au m&#234;me rythme les m&#234;mes mots, mille questions me viennent, figure-toi, des questions qui portent sur l'entraide, l'amiti&#233;, la famille, le groupe, les ressemblances, la r&#233;alit&#233; et le r&#234;ve &#8211; en voici quelques unes :&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;&#234;tre le fr&#232;re de quelqu'un, est-ce &#234;tre son &#233;gal, son semblable, son contraire / agir en fr&#232;re ou s&#339;ur, est-ce &#234;tre &#8211; ou se sentir &#8211; sup&#233;rieur, inf&#233;rieur &#224; celui qu'on soutient ou qui peut nous aider / est-ce l'un / est-ce l'autre / est-ce les deux &#224; la fois / n'aide-t-on jamais que ceux qui nous ressemblent / peut-on aider tout le monde / tout le monde peut-il nous aider&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;un bloc de questions sans point d'interrogation &#224; la fin qui te fatigue sans doute, mon semblable, mon fr&#232;re, qui t'ennuie j'imagine &#8211; tu te demandes quand cette accumulation va finir &#8211; eh bien je te r&#233;ponds &#8211; quand tu pourras m'aider &#224; r&#233;soudre les &#233;nigmes suivantes, formant cet autre bloc :&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;la fraternit&#233;, est-ce quelque chose qu'on force, qui demande un effort &#224; la nature humaine &#8211; quelque chose qui s'apprend &#8211; se conquiert &#8211; se transmet &#8211; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; moins que ce ne soit un &#233;tat naturel &#8211; un sentiment qui change &#8211; parfois se manipule &#8211; un &#233;lan qu'on retient &#8211; un acte qui viendrait de l'int&#233;r&#234;t personnel &#8211; n'existerait au contraire que sans aucun calcul&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;des questions qui se d&#233;roulent, se poursuivent sans fin en ajoutant des liens d'une pens&#233;e &#224; une autre pour pouvoir r&#233;fl&#233;chir ensemble &#8211; noter les ressemblances / les contraires &#8211; et tout ce qui vagabonde sans raison apparente&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;ainsi, pour moi, si jamais tu tiens &#224; le savoir, la fraternit&#233; devrait &#234;tre le moyen de lutter contre cet ennemi commun qu'est la peur &#8211; pas la peur du danger r&#233;el, ce r&#233;flexe qui nous sauve &#8211; voir surgir un lion devant soi, se cacher ou s'enfuir &#8211; mais la peur de manquer de ce qu'il faut pour vivre, peur d'avoir faim ou froid sans pouvoir rien y faire, peur de perdre son travail ou de ne pas en trouver, peur de la violence, bien s&#251;r, mais aussi du m&#233;pris, de la honte, du jugement, du rejet &#8211; peur de la peur elle-m&#234;me&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;serait-il possible de venir &#224; bout de cette liste pour mieux lutter contre ces peurs &#8211; comment savoir &#8211; toute seule, je ne peux pas&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;imagine un monde o&#249;, quelle que soit la situation, l'entraide serait premi&#232;re et ces peurs disparues&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;&lt;i&gt;mon enfant ma s&#339;ur songe &#224; la douceur d'aller l&#224;-bas vivre ensemble&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; &#8211; imagine &#8211;&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;bon &#8211; c'est tr&#232;s bien &#8211; c'est tr&#232;s joli tout &#231;a &#8211; si ce n'est que, regarde, pour commencer je n'ai pas donn&#233; l'exemple : ainsi, la &lt;i&gt;sororit&#233;&lt;/i&gt; dont il est cens&#233; &#234;tre question depuis le d&#233;but du texte, je n'en ai encore rien dit &#8211; je n'ai fait que des allusions &#8211; la fraternit&#233; a pris toute la place&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;la &lt;i&gt;sororit&#233;&lt;/i&gt; : il manque ses d&#233;finitions et les questions qu'elles posent, elles aussi &#8211; il nous manque &#224; &#233;galit&#233; les femmes &#8211; les filles &#8211; les s&#339;urs &#8211; toujours plac&#233;es en second dans la langue fran&#231;aise &#8211; la grammaire &#8211; la conjugaison &#8211; et c'est pareil dans ce texte &#8211; non mais franchement, bravo &#8211; je ne me f&#233;licite pas&lt;br class='autobr' /&gt;
la &lt;i&gt;sororit&#233;&lt;/i&gt;, qu'est-ce que c'est que ce mot &#233;trange, te demandes-tu sans doute &#8211; un mot qu'on ne lit pas dans la devise fran&#231;aise &#8211; est-ce pour cela qu'on le le conna&#238;t si peu&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;la &lt;i&gt;sororit&#233;&lt;/i&gt;, est-ce seulement le f&#233;minin de la &lt;i&gt;fraternit&#233; &lt;/i&gt; ou encore autre chose&lt;br class='autobr' /&gt;
hein&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; ton avis&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;en ce qui me concerne, c'est une v&#233;ritable interrogation &#8211; je n'ai pas fini d'y penser &#8211; mais h&#233;las je dois couper car il me faut conclure&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Quoi, c'est tout ? On n'en saura pas plus ? Scandale ! Eh oui : je n'ai plus (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;et donc, te dire, d'abord, que je te remercie d'&#234;tre all&#233;.e jusqu'au bout de ce texte&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;merci &#233;galement, si le c&#339;ur t'en dit, de continuer &#224; tracer des tirets cadratins entre toutes ces questions &#8211; celles qui se posent &#8211; ne cessent de se poser &#8211; les miennes &#8211; les tiennes &#8211; celles des autres &#8211; celles qui sont rest&#233;es sans r&#233;ponse &#8211; celles que j'ai oubli&#233;es &#8211; celles qui appara&#238;tront quand on n'y pensera plus &#8211; de ces tirets cadratins &#8211; r&#233;els &#8211; imaginaires &#8211; dessin&#233;s par l'esprit &#8211; au fil des discussions &#8211; avec soi &#8211; et les autres&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;merci car, vois-tu, contrairement &#224; d'habitude o&#249; je ne prends jamais ma lectrice &#8211; mon lecteur &#8211; en compte &#8211; cette fois &#8211; tout en me servant du livre que j'ai cit&#233; ainsi que d'autres textes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ton ou ta professeur.e saura de quoi je parle, tu peux lui demander&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, po&#232;mes ou chansons &#8211; sans m&#234;me te conna&#238;tre j'ai eu besoin de ton aide &#8211; comme &#231;a, d&#232;s le d&#233;but &#8211; j'ai eu besoin de toi pour &#233;crire ce texte simple &#8211; vraiment simple &#8211; tu ne trouves pas &#8211; dont tu fais partie maintenant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le mot &lt;i&gt;effort &lt;/i&gt; ne me pla&#238;t pas trop, disons plut&#244;t : &lt;i&gt;engagement&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ainsi j'ai d&#233;cid&#233; de me servir de l'exemple de &lt;i&gt;L'Homme heureux&lt;/i&gt;, de m'inspirer de son rythme, pour &#233;crire ce texte : d'une part, parce que je crois &#224; la puissance de la ponctuation et, d'autre part, parce que je trouve difficile de parler de ces mots abstraits, &lt;i&gt;fraternit&#233;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;sororit&#233;&lt;/i&gt;, de penser seule, sans aide, &#224; ce qu'ils signifient. Je trouve cela si dur que je les bloque entre deux tirets cadratins pour les pouvoir les examiner. Dans mon esprit, les tirets ne relient plus les mots, alors. Ils se m&#233;tamorphosent, s'&#233;paississent. Ils s'&#233;largissent, deviennent transparents. Ils ressemblent maintenant &#224; des lamelles de verre qui placent le mot sous microscope : tu vois l'id&#233;e ? (Interminable, cette note de bas de page, non ?)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je cite ce qui me vient, n'h&#233;site pas &#224; en ajouter&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En tout cas pour le Centre National des Ressources Textuelles et Lexicales, une sorte de dictionnaire des dictionnaires, accessible en ligne gratuitement ici : &lt;a href=&#034;https://www.cnrtl.fr/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cnrtl.fr/&lt;/a&gt; (tu feras bien ce que tu veux de cette note)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette fois dans le Larousse&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Quoi, c'est tout ? On n'en saura pas plus ? Scandale ! Eh oui : je n'ai plus qu'&#224; te passer le relais, &#224; te demander d'aller y penser &#224; ton tour. Si tu as envie de poursuivre mon texte, bienvenue ! (libre &#224; toi de suivre ou non ma m&#233;thode : chercher les d&#233;finitions du mot puis noter les id&#233;es qui viennent en les reliant par le signe que tu connais)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ton ou ta professeur.e saura de quoi je parle, tu peux lui demander&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Claire Dolan, hors champ</title>
		<link>https://www.annesavelli.fr/textes-en-acces-libre/article/claire-dolan-hors-champ</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.annesavelli.fr/textes-en-acces-libre/article/claire-dolan-hors-champ</guid>
		<dc:date>2020-09-28T14:36:18Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne Savelli</dc:creator>


		<dc:subject>cin&#233;ma</dc:subject>
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		<dc:subject>New York</dc:subject>
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		<description>&lt;p&gt;Texte paru initialement dans le hors-s&#233;rie &#034;Le ciel vu de la terre&#034; du collectif inculte (2011).&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/textes-en-acces-libre/" rel="directory"&gt;Textes en acc&#232;s libre&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/cinema" rel="tag"&gt;cin&#233;ma&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/ville" rel="tag"&gt;ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/new-york" rel="tag"&gt;New York&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/fenetre" rel="tag"&gt;fen&#234;tre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/femme-s" rel="tag"&gt;femme(s)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/architecture" rel="tag"&gt;architecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.annesavelli.fr/mot/bruits" rel="tag"&gt;Bruits&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Deux villes (New York, Newark &#224; la fin des ann&#233;es 90), trois personnages (Claire, celle qui se prostitue sous le nom de Lucy ; le mac, ami de la famille ; le chauffeur de taxi, avec lequel elle danse et qu'elle pourrait aimer). Texte paru initialement dans le hors-s&#233;rie &#034;Le ciel vu de la terre&#034; du collectif inculte (2011), inspir&#233; par le film de Lodge Kerrigan, &#034;Claire Dolan&#034;, dont voici pour commencer la bande-annonce&lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/9sFGbxet7iA&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p align=center&gt;*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;I just miss having you inside of me.&lt;br class='autobr' /&gt;
I want you inside of me.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Lucy&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;I want you inside of me.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Claire&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_729 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.annesavelli.fr/IMG/jpg/claire-dolan-1998-04-g.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.annesavelli.fr/IMG/jpg/claire-dolan-1998-04-g.jpg?1601299614' width='500' height='331' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On dira ce qu'on voudra, de &lt;i&gt;Claire Dolan&lt;/i&gt; : rasoir, scalpel, hache, art&#232;res sectionn&#233;es, bruits de circulation dans des rues quasi vides&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;r&#233;pondeurs, t&#233;l&#233;phones, boites, liasses, cachettes&lt;br class='autobr' /&gt;
Hopper, Hitchcock, Bresson&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;main pos&#233;e sur le ventre en ultime violence&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;et bien s&#251;r le g&#233;n&#233;rique : triangles, rayures, stries, cases, verres, z&#233;brures, toiles abstraites jusqu'&#224; s'apercevoir que (briques, balcons) il s'agit de fa&#231;ades, parois avec plis de rideaux (pour cela il faut s'approcher ou voir le film en salle), on pense tout de suite New York on se dit que c'est presque trop.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Il y a la surface argent&#233;e du t&#233;l&#233;phone public avec clavier &#224; touches, cabine dans laquelle Lucy (ce n'est pas Claire, encore), manteau de prix, cheveux auburn relev&#233;s, appelle ses clients ; le miroir en triptyque de l'ascenseur ; et surtout le building qui envahit l'image par la paroi de verre dans le bureau du client (on imagine au moins le vingti&#232;me &#233;tage), cage o&#249; la ville verra Lucy nue.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Claire : au t&#233;l&#233;phone, apprend que sa m&#232;re est morte. Lucy : d'une voix toujours &#233;gale r&#233;pond au client qui tambourine (on est dans les hauteurs, la classe sup&#233;rieure exige et humilie, une minute de film suffit &#224; le comprendre). A l'horizon, tout ce qu'on ne saura jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Les miroirs refl&#232;tent nuque cr&#226;ne dos, les bretelles crois&#233;es (un manteau camel sur une robe perle, s'extasieraient, s'indigneraient les magazines) de la femme qui ment, sur le plaisir qu'elle prend, sur la joie de vous revoir, sur la mort de sa m&#232;re quand elle parle &#224; son mac, irlandais comme elle, ami de la famille &#224; qui elle rembourse une dette (visage rouge de cet homme d&#233;note dans le bar o&#249; ils &#233;changent, et c'est l'horreur, des politesses). Au cimeti&#232;re, le ciel est branches, troncs.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Claire s'enfuit. Du taxi on entrevoit une fraction de bleu au-dessus d'un tunnel, des nuages vers l'autoroute. C'est tout.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Newark. Les rues s'&#233;largissent, les immeubles perdent en domination mais la menace est l&#224; (stores ferm&#233;s du snack refuge de Claire, voisin &#224; la fen&#234;tre qui envahit le cadre). Elle devient coloriste dans un salon de coiffure, s'appelle Claire en effet mais on demande Lucy au t&#233;l&#233;phone : personne au bout du fil, bien s&#251;r. Boire des verres au comptoir danser fixer la porte en ayant peur que la mort survienne, regarder le partenaire et presque l'embrasser, arriver en retard au travail : dans le plan suivant, la lumi&#232;re du jour fait une br&#232;che, pour une fois le danseur n'est pas un violeur en puissance, c'est nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Mais il y a toujours ces miroirs, objets de danger (dans celui de l'armoire appara&#238;t le mac), des visages ferm&#233;s, parfois une vitrine (dans celle du coiffeur se gare une voiture qui est l&#224; pour quoi ?). La fen&#234;tre de l'appartement de Claire, &#224; Newark, se pr&#233;cipiterait sur l'immeuble d'en face si les voilages n'invitaient au flou, &#224; l'enroulement - vent l&#233;ger, un chat. Les fa&#231;ades de New York, elles, s'ancrent dans ce qu'elles sont, des cloisons mod&#232;les. Du trottoir ignor&#233; au ciel qu'on ne voit pas, qui ne se refl&#232;te pas, dont on devine seulement la luminosit&#233;, le labyrinthe est plat et il est vertical (simple, non ?).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_732 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.annesavelli.fr/IMG/png/claire_dolan_2.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.annesavelli.fr/IMG/png/claire_dolan_2.png?1601300215' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p align=justify&gt;Claire, traqu&#233;e, doit revenir. Lucy, en blouse bleue p&#226;le (elle n'a pas le choix, c'est un cadeau du mac. Le geste le dit : les v&#234;tements offerts sont un flingue sur la tempe, tu y retournes ou je te tue) est debout face &#224; son client, sur un balcon, &#224; cent m&#232;tres du sol au moins. Layette, tunique d'aide-soignante, uniforme d'h&#244;tesse : se distingue derri&#232;re lui entre deux b&#226;timents un segment de couleur semblable. Il lui parle, para&#238;t la comprendre, il a souffert aussi. Mais c'est un leurre. Elle d&#233;grafe sa blouse, il n'y a pas de discours, de compassion qui tienne.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;&lt;i&gt;You don't really want to have sex with me, do you ?&lt;br class='autobr' /&gt;
No&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Le plan se resserre, plus de ciel.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Les buildings restent indiff&#233;renci&#233;s. On peut chercher le Word Trade Center (le film date de 1998), on ne le trouvera pas, ou alors morcel&#233;, impossible &#224; identifier.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Claire porte une perruque pour un autre client, aper&#231;u dans le reflet d'un &#233;cran de t&#233;l&#233; et qui lui a demand&#233;, avant passe (on n'a pas entendu, il n'a m&#234;me pas d&#251; le formuler), de changer de couleur. Claire/Lucy choisit la perruque mais lorsqu'elle est Lucy et seulement Lucy non, va au bout, se teint (formule m&#233;canique : &lt;i&gt;I'm happy to do it for you&lt;/i&gt;, une phrase de cet ordre), gros plan du lavabo dans lequel elle se rince, mains, cheveux, eau roussie et hors champ c'est Marnie obs&#233;d&#233;e par le coffre-fort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si elle est frigide Claire/Lucy ? &#199;a...&lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'y a pas d'orage dans &lt;i&gt;Claire Dolan&lt;/i&gt;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'y a m&#234;me pas de meurtre, c'est dire.&lt;br class='autobr' /&gt;
(dire quoi ? et qu'est-ce qu'on en sait ?)&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Claire r&#233;cup&#232;re les cartons de sa m&#232;re, les ouvre, retrouve des photos de famille. S'enfuit &#224; nouveau : aller &#224; Newark c'est choisir la cavale, on voit que le d&#233;placement se travaille au plus pr&#232;s. Ciel de nuit vu de la route, le danseur est chauffeur de taxi. New York contre Newark elle et lui se cherchent, se trouvent.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Claire emprunte d'autres noms, s'incarne en femmes fictives, on ne sait pas combien. Le danseur fouille, trouve les faux papiers (et comment il s'appelle, lui ? On l'ignore, ou ce n'est pas marquant, mais il a une fille, qu'il traite bien) pendant qu'&#224; l'image Lucy trace fa&#231;ades/canap&#233;s/sexe toujours les m&#234;mes lignes refrains g&#233;om&#233;tries. La vie dans son d&#233;sordre n'existe qu'en voiture &#224; travers le pare-brise lorsqu'il est au volant, lui, le danseur chauffeur, et encore c'est peu. Les buildings poursuivent l'entreprise de sape.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Lumi&#232;re du ciel, enfin, qui envahit le cadre lorsque Claire annonce son d&#233;sir d'enfant. Elle et lui de profil sur un toit d'immeuble, la terrasse baigne dans un gris l&#233;ger. D&#232;s lors, un retour au sens initial des phrases que Lucy d&#233;bite semble envisageable. &lt;i&gt;I want you inside of me&lt;/i&gt; dit Claire au danseur juste avant de lui faire la plus simple d&#233;claration qui soit. On peut y entendre autre chose que avance/d&#233;fense dans la transaction&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;faire l'amour mi-habill&#233;, porter un v&#234;tement de laine parce qu'il est doux, tient chaud&lt;br class='autobr' /&gt;
on peut l'entendre aussi&lt;br class='autobr' /&gt;
et c'est &#224; peu pr&#232;s tout.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Arrive l'agression, dans le taxi, par un client, c'est le chauffeur qui trinque. Plans larges, tr&#232;s serr&#233;s, &lt;i&gt;close your eyes&lt;/i&gt; ou sinon je te tue, cette fois c'est dit, hurl&#233;. Il n'y a pas de bagarre mais deux ou trois secondes durant lesquelles personne ne sait s'il va mourir. Newark par l'entrep&#244;t, l'usine, la pile de pont, s'il y a du ciel on dirait qu'il s'y agglom&#232;re. L'air qu'on respire ? Ne pas s'y fier.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Dans les plans suivants, les personnages, vus par les fen&#234;tres, se parlent. Le cadre s'incarne, esp&#232;re-t-on. Mais lui a bascul&#233; dans sa vie de danger, &#224; elle, sans en avoir les armes. Ce qu'elle s'est forg&#233;e de raideur, d'absence, Claire Dolan, calme apparent de celle qui (le verbe que tu veux et le temps que tu pr&#233;f&#232;res, sauf futur) depuis l'&#226;ge de douze ans, on pourrait aussi le recenser.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Enfin, &#224; travers la vitrine d'un bar, Claire mange pour la premi&#232;re fois dans le film. D&#233;vore, plut&#244;t. Un plan bref comme toujours, on sait que c'est pour deux.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Lui, le chauffeur, cherche &#224; comprendre, qui elle est, ce qu'elle fait, pourquoi, se prend des coups. Les fa&#231;ades et fen&#234;tres envahissent, envahissent encore, elle ne dit rien de pr&#233;cis quand il la voudrait transparente, elle devine sa silhouette &#224; travers une porte en verre d&#233;poli (des h&#244;tels il n'y a que &#231;a, au design millim&#233;tr&#233;, confondus &#224; ses chambres &#224; elle). Il la piste, l'observe, s'&#233;vanouit dans le grain de la vitre. Entre eux un client, une terrasse, ne demeure dans l'axe qu'un rebord de porte-fen&#234;tre. Seule sa chambre &#224; lui, rythm&#233;e par le bruit de la circulation, &#233;chappe &#224; cette rigueur. Mais c'est toujours tr&#232;s peu, un simple d&#233;calage. G&#233;om&#233;trie d'accord mais surligner &#231;a non.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Enfin les comptes se r&#232;glent par le corps, lutte et corps &#224; corps &#233;quivalent. Oreillers, housses, matelas alternent avec cette vision carrel&#233;e de la ville o&#249; la rue n'est pas, contrairement &#224; ce qu'on pourrait croire, lieu direct de la mise en vente.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Il n'y a pas d'enseigne, de n&#233;on, de cinqui&#232;me avenue clignotante.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Il n'y a pas de rouge, de bijou, pas m&#234;me de chaussure &#224; talon.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Il n'y a pas de sol, de toute fa&#231;on.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Claire r&#233;ussit &#224; r&#233;gler sa dette. Durant un instant, on croit qu'elle s'est envol&#233;e, a quitt&#233; la ville. Erreur : pour survivre, m&#234;me enceinte, il faut encore utiliser Lucy. L'air pur, le grand large le spectateur l'exige, Lodge Kerrigan s'en fout. On ne peut pas la tuer si vite, Lucy, il faut produire un max avant que le ventre grossisse. L'argent &#231;a ne tombe pas vous savez d'o&#249;.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Retour sur image, gros plan du lavabo, eau roussie et cheveux mouill&#233;s. Claire en r&#233;alit&#233; se rince pour retrouver sa vraie couleur. Ca y est, elle peut partir, allez pourquoi pas Chicago. L'avion horizontal traverse sa fen&#234;tre, strie le ciel vers la droite. Elle lui tourne le dos pour sortir de la chambre. Claire Dolan, D-O-L-A-N, &#233;pelle-t-elle &#224; l'a&#233;roport.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Retour &#224; New York sans Claire, donc, pour cette main pos&#233;e. Le mac et le chauffeur, jeune mari&#233;, futur p&#232;re &#224; nouveau, se croisent. Cette fois, la rue est aux prises avec ce qu'on sait d'elle, trafic intense du centre-ville, camions, pi&#233;tons effac&#233;s. A hauteur de roues, de capots, de moteurs, le danger bifurque.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Les grands espaces seraient-ils &lt;i&gt;inside of me&lt;/i&gt;, dans ma t&#234;te, mon ventre, dans ce que je regarde sur l'&#233;cran o&#249; est &#233;crit &#224; gauche Dolan, Claire, &#224; droite 05-SEP-97, date d'&#233;chographie ?&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Fonds marins et ciel, d&#233;sormais, idem.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_731 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.annesavelli.fr/IMG/png/claire_dolan_1.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.annesavelli.fr/IMG/png/claire_dolan_1.png?1601300137' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p align=center&gt;*&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Sur la fiche IMDb qui lui est consacr&#233;, on peut lire : &lt;i&gt;Lodge Kerrigan is a New York film director who has made only four films in fifteen years but whose works have left a deep imprint on the minds of those who have seen them. &lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
On ne saurait mieux dire, merci la fiche. Pourquoi&lt;i&gt; Claire Dolan&lt;/i&gt;, une dizaine d'ann&#233;es apr&#232;s sa sortie, travaille toujours au plus pr&#232;s ? Pourquoi insister, et m&#234;me lourdement, en d&#233;clarant :&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est le film qui m'a le plus marqu&#233;(e) &lt;br class='autobr' /&gt;
(de ma vie, allons-y dans la grandiloquence)&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;alors qu'on pourrait (qui &#231;a ?) le qualifier de glacial, clinique, sujet vu et revu, ville vue et revue, personnages de call-girl, de chauffeur de taxi, de mac vus et revus, maternit&#233; qui sauve, ah non, piti&#233;, etc. ?&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Rien n'est vu et revu, dans &lt;i&gt;Claire Dolan&lt;/i&gt;, surtout pas le visage de Katrin Cartlidge, son regard d&#233;tourn&#233; lorsque le client demande &#224; Lucy d'o&#249; elle vient et qu'apr&#232;s une h&#233;sitation elle lui lance Dublin comme on jetterait un os. Elle regarde quoi, du haut de la terrasse, &#224; ce moment-l&#224; ?&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;On pourrait penser : c'est facile de ne pas filmer le ciel pour montrer que. Si ce n'est que l'impression de le voir persiste, s'insinue dans l'esprit. On en d&#233;couvre d'abord une bande verticale, &#224; gauche d'un immeuble (on dirait un buvard, plut&#244;t). Puis les buildings, leurs fa&#231;ades changeantes prennent place, investissent le cadre. Reflets bleus, gris-bleus, gris sugg&#232;rent sa pr&#233;sence, et pourtant il n'y est pas. L'attester, ce serait faire surgir un nuage des vitres, au moins. Or ce qu'elles r&#233;fl&#233;chissent, les vitres, on s'en rend compte si l'on insiste, si l'on repasse le g&#233;n&#233;rique, ce n'est jamais le ciel mais le building d'en face.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Dans chaque case, losange, on croit trouver de l'air, s'&#233;lever, respirer, mais c'est du vide, voil&#224;, Lucy nous y entra&#238;ne, ascenseur, bureau, on traverse avec elle : le ciel suppos&#233; appartient au client. C'est un mur de verre perpendiculaire au vrai ciel, celui qu'on ne voit pas, auquel personne ne pense. Il est plus beau, plus pr&#233;cis, coup&#233; droit. C'est un miroir tendu au mouvement perp&#233;tuel, appel d'air / asphyxie, poursuite de l'objectif malgr&#233; les retours au point de d&#233;part.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Claire Dolan s'en d&#233;tache (robe perle et manteau camel), s'y fond (blouse bleue) (et c'est pareil h&#233;las) avant de le ma&#238;triser, ciel vide qu'on ne dira pas illusoire, personne ne se faisant d'illusion. Sans rien dire ou presque elle l'empoigne, le comprime, l'abr&#232;ge. Fa&#231;ade, vitrine, fen&#234;tre, armoire &#224; pharmacie, paravent, verre, gla&#231;on, il s'amenuise, devient simples billets empil&#233;s et cach&#233;s, ultime liasse pos&#233;e sur un rebord de table que le mac voudrait restituer (pour f&#234;ter le d&#233;part, l'arriv&#233;e de l'enfant), si ch&#232;rement acquise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Claire refuse, l'abandonne. &lt;br class='autobr' /&gt;
Gagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une femme, deux femmes, dix, vingt.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une femme&lt;br class='autobr' /&gt;
Deux ciels&lt;br class='autobr' /&gt;
Un&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(des ciels, pas des cieux, hein ?)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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