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Vitrine et silence

dimanche 17 Mai 2026, par Anne Savelli

Mardi Une amie de longue date vient de commencer Bruits et elle me téléphone (confirmant le fait que pour ce livre, les lecteurs qui me connaissent me donnent leurs impressions en cours de route, voire dès le début, avant de reprendre leur lecture, c’est frappant). Elle me dit : tu n’aimeras pas forcément l’image, mais je trouve que c’est un livre-accordéon. Il oppresse et libère en même temps. Je lui réponds : ça tombe bien, c’est exactement ce que j’ai voulu faire.
Ainsi Bruits poursuit-il sa vie chez les gens qui le lisent, comme dans la vitrine en évolution de la librairie L’Atelier où nous nous retrouverons lundi 18 avec Pierre Ménard et Eric Arlix.

L’après-midi, je suis prise de ce que j’identifie comme une crise d’hyperacousie de l’oreille gauche. J’en ai déjà eu (ce qui d’ailleurs m’a inspiré une minute du livre), j’ai mal et ne supporte plus le moindre bruit de choc, le moindre petit claquement. Moi qui dois dérusher plusieurs heures d’enregistrement pour mon podcast...

Mercredi Inutile d’insister. Je n’ai plus de douleur mais aujourd’hui sera une journée de repos de l’oreille, de silence. Que faire ? Lire et écrire, bien sûr. Dans la vitrine de la librairie L’Atelier, les livres de Pierre Ménard et d’Éric Arlix ont rejoint le mien :

(Plus tard, leur disposition évoluera encore.)

Jeudi Les jours fériés successifs me désorganisent, alors que ce triple métier (écrivaine, podcasteuse, chargée de production de L’aiR Nu) demande une productivité et une adaptabilité à propos desquelles, ironie de l’histoire, il serait bon qu’un jour je fasse un épisode ou un article de semainier, me dis-je. Constatations du jour : ma vie elle-même se présente sous forme d’un accordéon. Même si c’est loin d’être mon instrument de musique préféré — dans l’enfance, un de mes grands-pères m’en avait offert un, en jouet, et j’avais été tellement déçue ! J’aurais tellement préféré un clavier de piano ! — je reconnais que : déploiement d’un éventail + modulation du souffle + touches sur lesquelles appuyer, oui, tout cela ressemble assez à la vie que les artistes-auteurs tentent de mener.
(Totale solitude, pas de vacances, silence, mais une vitrine qui par moments se peuple : c’est ça aussi.)

Vendredi Parfois, durant la semaine, pour des raisons x ou y, des émotions venues de l’extérieur me submergent. Ce que je fais, alors, est de découper en toutes petites actions ce que j’ai à accomplir au cours de la journée, que ce soit en termes de création ou de production. Mieux vaut lire une page que rien, écrire une phrase que rien, dérusher une minute d’enregistrement que rien. Mieux vaut passer d’un espace à l’autre en essayant de ne pas se cogner. Mieux vaut écrire ce paragraphe qui peut-être touchera quelqu’un, me dis-je.

Galerie

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