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Âme d’héroïne

dimanche 4 Janvier 2026, par Anne Savelli

(La première photo de l’année.)

Mardi Je disais ici-même, la semaine dernière, que j’y allais à reculons, avec la sortie de Bruits le 7 janvier, essayant de ne pas y penser parce que j’ai peur d’être déçue, ce qui d’habitude ne m’arrive pas, enfin pas trop, disons — je me suis fait une raison, depuis le temps. Mais là, il y a tant d’enjeu, à titre personnel... Pour rester stoïque quoi qu’il advienne, il faudrait être dotée d’une âme d’héroïne — ainsi serait mon personnage principal, F. Mais moi ?
Écrivant cela, je me rappelle soudain que je me suis acheté une mini boule à facettes tout à l’heure. Sur le moment, je l’ai fait pour m’accompagner dans l’écriture du nouveau projet. Mais n’aurais-je pas le droit de célébrer un peu la sortie de ce livre-là ?
C’est précisément parce qu’il me permet de penser ce genre de choses au lieu de me morfondre que je tiens à ce semainier.

Jeudi 1er janvier, et donc, jour de nouveau carnet rouge (Moleskine, non ligné, acheté aux Halles, etc.). J’ai décidé de renouer avec une habitude à laquelle j’ai souscrit il y a dix ans pile : prendre et poster une photo par jour jusqu’à la fin de l’année sur un ou deux réseaux sociaux — principalement sur Instagram. J’y ajouterai, pour 2026, une ou plusieurs images de livres — il y aura aussi des dvd, sans doute, des disques, peut-être — qui auront compté dans la journée, quelle qu’en soit la raison. Cette simple décision m’allège déjà un peu du poids de la rentrée.

Vendredi Ce qui m’a allégée, hier, aussi, c’est le sms de bonne année reçu de la part d’un ami auteur pour lequel j’ai la plus grande considération et qui est en train de lire Bruits, l’appréciant déjà. Dans l’idéal, je voudrais rester stoïque, ne pas dépendre des réactions extérieures, positives ou négatives. Dans la réalité, je sens bien depuis ce message à quel point quelques mots peuvent redonner énergie et confiance. C’est une chose que nous savons toutes et tous. Mais, forcé·es de ne compter que sur nous-mêmes en permanence parce que tel est le discours que l’ensemble de la société nous sert, nous cherchons — je cherche, disons — à verrouiller le processus pour pouvoir rester concentrée et avancer coûte que coûte.
Et ça coûte.

Par ailleurs, ce qui sauve, on le sait, ce sont toujours les livres, raison pour laquelle j’ai décidé de prendre ces photos. Pour ne pas céder à la tentation du défaitisme avant même que Bruits ne paraisse, j’ai choisi, parmi mes cadeaux de Noël, de me plonger dans l’essai Comment torpiller l’écriture des femmes, paru en 1983 (1983, oui !) aux Etats-Unis et sorti en France il y a seulement quelques semaines. Ce n’est pas, à proprement parler que ça réconforte, de savoir à quelle sauce les autrices ont de tout temps été mangées. Pourtant si : de comprendre par le menu pourquoi l’invisibilisation, le dénigrement sont systémiques aide, non seulement, à ne pas se prendre si frontalement ce qui nous arrive, mais à chercher des solutions de lutte ou de contournement. Je dois à cette quête mon burn out du début de la décennie, c’est pourquoi je me méfie moi-même un peu de ce que je raconte. N’empêche. L’énergie est revenue, il n’est plus question de se laisser faire, dévorer tout cru.

Pour toutes ces raisons, et parce que j’ai autant d’idées pour l’écriture que pour L’aiR Nu, j’espère propager ces bonnes ondes tout au long de l’année 2026, que je vous souhaite pleine de joie combative et régénérante !

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