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Et c’est ainsi que notre héroïne...

dimanche 7 Juin 2026, par Anne Savelli

Et c’est ainsi que notre héroïne se remit à écrire et que l’écriture, à nouveau, lui prit la tête dans un étau, se déclara chose impossible.
(Jamais jamais jamais jamais ce ne sera simple.)

(Préparation, avec Joachim Séné et Pierre Ménard, de la soirée du 12 juin à la bibliothèque Sagan autour du dernier livre de celui-ci, Rien que les heures, qui évoquera également Bruits et Disparitions, apparitions.)

Mercredi J’ai fait beaucoup de choses, ces derniers jours, vu des gens très différents les uns les autres, pour mon plus grand plaisir. Mais il faut se remettre au travail et pour commencer, sanctuariser les blocs d’écriture du matin. C’est long, c’est lent, c’est ingrat. Le plus décourageant, c’est que le texte, pour l’instant, me bouffe littéralement, comme c’était le cas pour Bruits. Il me pompe toute énergie, me vampirise, alors que la vie matérielle, l’après-midi (relancer des actions, reprendre des contacts, monter des projets) ne peut pas attendre la résolution de cette crise — Crise ? Quelle crise ? L’écriture, c’est toujours comme ça.

(Vernissage de l’exposition Une enfant radieuse, consacrée à Marilyn Monroe, par la Galerie de l’instant, à Paris)

À moins que cette fatigue ne vienne, également, du centenaire de Marilyn Monroe dont j’avais anticipé la portée sans qu’on m’écoute et dont je vois passer les événements sans réussir, jusqu’à présent, à en faire quelque chose — en dehors, tout de même, de ce que j’ai moi-même propulsé (l’épisode du podcast Faites entrer l’écriture) et de la conférence au cinéma Truffaut de Chilly-Mazarin, lors du réjouissant marathon de films.
Ou encore, de la subvention "politique de la ville" que, cette année, L’aiR Nu n’a pas reçue pour son projet Par-là Paris. (Nous l’avons appris ce lundi.) (Il se passe pourtant plein de choses du côté de L’aiR Nu, allez voir.)
De Bruits, dont je mets au point une intervention en public en interaction avec le site, intitulée Bruits - Comment tourner la page. (Fiche de présentation, fiche technique, tout ça c’est du boulot, qu’il devienne effectif ou non.)

Je travaille trop sans gagner d’argent, mais comment faire autrement, pour l’instant, dites-moi ? Il faut continuer ce qui est entrepris.

Vendredi Et c’est ainsi que notre héroïne se mit à reparler d’un autre de ses livres, Lier les lieux, élargir l’espace, sur le stand des éditions L’Oeil ébloui, au Marché de la poésie. Il y a un certain vertige à discuter de Perec sur la place Saint-Sulpice, il faut le dire.
Le soir venu, il ne restait plus qu’un seul exemplaire de LLL, ce n° 6 de la collection Perec 53. (J’adore dire : "Je suis le numéro 6. Je suis une femme libre !)
Voilà qui réchauffe le coeur.

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Messages

  • "Il y a un certain vertige à discuter de Perec sur la place Saint-Sulpice, il faut le dire." Je veux bien croire, il doit y avoir un beau petit effet wow.
    "le texte, pour l’instant, me bouffe littéralement" Je vois ce que tu veux dire. Quand j’ai fait au début du siècle ma tentative de mi-temps pro du boulot nourricier pour pouvoir enfin écrire, j’avais vite capté que ça me mettait dans un état d’où ressortir était difficile. Je ne pouvais écrire sérieusement qu’avec rien de prévu en horaire fixe derrière (par ex écrire le matin jusqu’au moment de déjeuner était OK mais il ne fallait pas que le déjeuner soit avec un horaire à respecter) ou le soir jusqu’à ce que le sommeil l’emporte. Je crois que c’est parce que pour de la fiction assez élaborée le cerveau a besoin d’un état qui est un mélange de contrôle (parce que la structure de ce qui s’écrit est complexe, qu’il faut tenir en tête les liens, les inductions de modifications) et de lâcher prise (Si on ne lâche pas les chevaux, ce qu’on écrit est scolaire et plat) qui prend tout. Et qu’à moins de capacités très particulières, on ne saurait à la fois y être et être au monde. Je n’ai pas su trouver la solution et le compte en banque familial a crié famine, sans parler des aléas de santé des uns et des autres.
    Comment faire ?
    J’ai connu quelqu’un qui mijotait ses romans dans sa tête, tout en gagnotant sa vie dans l’édition, puis se calait une quinzaine à trois semaines de vacance (au sens de : rien dans l’agenda) et il vivait en apnée jusqu’à la fin du premier jet. Les étapes ultérieures du travail étaient davantage vie-quotidienne-compatibles.
    _

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