Parution le 7/01/2026
14.00 x 19.00 cm
384 pages
ISBN : 978-2-330-21548-4
Prix indicatif : 23.50€
Exposer, s’exposer, projeter
dimanche 12 Avril 2026, par
Marilyn, encore et toujours, en ce début de semaine... Mardi avait lieu le vernissage de l’exposition, très réussie, qui ouvre à la Cinémathèque et durera jusqu’à fin juillet. Je m’y suis rendue avec l’amie que je connais depuis le lycée et qui, rituellement, m’accompagne à ce type de soirée. Arrivées tôt, nous avons pu en profiter avant que la foule n’envahisse les salles. J’ai été particulièrement convaincue par les textes de présentation, que j’ai même photographiés — j’y reviendrai sans doute dans l’épisode de podcast que je prépare. La scénographie, le choix des couleurs, les extraits de films restaurés arrêtant le regard, la remise en contexte des éléments biographiques : tout cela, également, m’a paru pertinent.
(Magazine contenant le reportage dans lequel Marilyn Monroe dénonce les "loups" rencontrés lors de son ascension vers la célébrité, autrement dit : les hommes qui ont profité d’elles.)
Et tout cela s’est terminé par de grands éclats de rires quand nous avons testé le photomaton, installé près de la librairie, qui vous métamorphose en Marilyn sans vous donner le choix de la pose. Il suffit de quelques secondes pour être transformé•e, quelque soient vos traits, votre genre, votre âge, votre corpulence. On peut poser à plusieurs. C’est drôle, léger et même, oui, je trouve, moi qui déteste être prise en photo, un peu libérateur. Peut-être est-ce l’effet du faux, du trucage, des filtres. Sans doute est-ce celui de l’amitié. À moins que la séance avec le photographe, pour Libé, en février dernier, ait modifié quelque chose en moi ? Je ne sais pas mais j’ai senti que cette gaité, ce partage avaient leur importance.
(Photo prise lors de ma première visite, quelques jours plus tôt, quand l’exposition était en cours de montage.)
Au retour, rentrant à pied pour continuer notre discussion, nous avons croisé un type en rollers qui nous a fixées, dévisagées et, comme nous l’ignorions, insultées. Pas de quoi gâcher la soirée, il n’avait pour nous aucune importance, mais je le note ici parce qu’à 18 ou 25 ans, ou même il y a peu encore, ça m’aurait atteinte.
(Tiens, puisque c’est ainsi, je poste cette photo : mon livre se trouve dans la librairie de la Cinémathèque, ce qui me fait grand plaisir.)
Le mercredi, j’aurais dû y retourner, à la Cinémathèque, pour l’épisode à venir de mon podcast, mais il y a eu un contre-temps. Ce que je tente toujours, c’est de faire, comme on dit, "contre mauvaise fortune bon coeur", ou plus exactement, de concevoir ce qui ne fonctionne pas comme un tremplin vers ce qui, finalement, s’apprête à advenir. De fait, le jeudi, je me suis rendue du côté du canal Saint-Martin pour interroger une connaisseuse de Marilyn, et c’était parfait.
Le vendredi s’est révélé, lui, un jour de bouclage : celui de la mise à jour de la carte Par-là Paris avec l’ajout de 26 articles et la satisfaction de voir notre projet mégalomane (que Paris soit envahi par la littérature et la parole des habitants) commencer à se réaliser ; celui de l’envoi de ma présentation au cinéma François Truffaut, à Chilly-Mazarin, également, dans le cadre de la conférence que j’y donnerai le 18 avril. Le diaporama a représenté plusieurs jours de travail et je ne suis pas mécontente d’en avoir terminé car il finissait par empiéter sur l’écriture.
La veille, j’ai effectué un filage et je me suis rendue compte que j’étais capable de tenir dans les temps sans aucune note. Je sécuriserai mon intervention en la rédigeant quand même, peu ou prou, mais c’est comme pour le podcast : je préfère parler plutôt que de lire, au micro — en dehors des textes littéraires, bien sûr. La question m’a été posée il y a peu, c’est pourquoi je réponds ici : non, je ne rédige aucune de mes interventions. Je me lance et s’il y a écriture, c’est celle du montage. De fait, écriture et montage c’est un peu la même chose, je l’ai sans doute déjà dit : on reprend, on rythme, on déplace, on améliore.
Et donc, voilà : ici, pour le semainier, mettant à distance le chaos du monde, ce fut une semaine Marilyn. Dans ce très peu que je raconte, futile pour certains peut-être, je retrouve ce qui me guide : une certaine forme de liberté.
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