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La fin des épreuves

dimanche 15 Mai 2022, par Anne Savelli

Ce dimanche, avant l’écoute désormais rituelle de Cerno, je reprends le semainier avec joie. Impossible, jusqu’ici, de raconter vraiment ce que furent la première relecture du manuscrit de Musée Marilyn puis celles des épreuves corrigées par Aurélie Carpentier pour les éditions inculte : il fallait rester au plus près.

C’est fait. Demain, Aurélie me rendra une toute dernière version, à laquelle je n’aurai pas à toucher. Les choix sont effectués (plus de 2500 au total), la ponctuation et certaines répétitions assumées. Je tangue encore sur deux ou trois choses, quasi microscopiques. J’aurais pu me retrancher derrière une plus grande élégance des termes que ceux que j’ai utilisés, parfois. Je ne l’ai pas fait car je sais ce dont j’avais besoin : un certain rythme, une certaine musicalité, ailleurs de l’efficacité, la possibilité d’induire un double sens.

Ces deux relectures, très différentes — la première consistant à reprendre tout le manuscrit, examiner ce que Claro m’avait proposé de revoir et, de moi-même, améliorer d’autres passages ; la seconde, au contraire, obligeant à ne plus s’arrêter qu’aux questions posées par la correctrice — ont toutes deux été d’une grande intensité.

Je voudrais que ce livre soit une aventure. Le manuscrit, jusqu’au bout, en aura déjà été une, voilà ce que je pourrais raconter ce matin. Je sais maintenant combien de pages il comptera (plus de 420, ce qui correspond à ce que j’avais imaginé), à quoi va ressembler la couverture (à aucune de celles que vous pouvez voir ci-dessus) et qui j’ai remercié à la fin. Ce que j’ignorais, c’est que le texte allait me surprendre lors des deux relectures. J’y ai mis tant de choses que je ne peux me souvenir de toutes, mais le plus étonnant est encore ailleurs : dans les petits pièges narratifs que je continue à ne pas anticiper, comme si j’étais une lectrice extérieure. Voilà qui ne m’était jamais arrivé, en tout cas à ce point.

Depuis hier, je m’accorde une transition. Je ne me lance pas encore dans la rédaction de nouveaux dossiers, ne reviens pas à ce que j’écrivais avant cette période. Je dévore des livres qui n’ont rien à voir ni avec les miens, ni avec les ateliers que j’anime. D’habitude, je ne me permets que vingt-quatre heures de latence entre deux ouvrages. Cette fois, non. Nous sommes à la fin de ce qui s’appelle un manuscrit. Nous ne sommes pas encore au début de ce qui fait un livre. Je suis en week-end, je suis en vacances. C’est bien.

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Messages

  • Grand merci pour Cerno. Je m’aperçois que j’aurais mis presque un mois entre me dire Oh ça a l’air bien, et la première écoute ; ma vie est décidément trop remplie. En attendant je me régale de ces rencontres même si le thème si tu n’avais pas été là pour me donner confiance, aurait pour moi fait office de repoussoir.
    Bien sûr tout sujet est ce qu’on en fait, seulement disons que je n’étais pas spécialement attirée par le côté sur les traces d’un (ou deux) serial killer.

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